Les internautes réagissent à l'affaire Cahuzac: «Bravo et merci Mediapart»

VOTRE AVIS Au lendemain des aveux de l'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, les internautes de «20 Minutes» expriment leur point de vue sur l'affaire...

Témoignages recueillis et édités par Christine Laemmel

— 

Le ministre du Budget Jérôme Cahuzac, le 8 mars 2013.
Le ministre du Budget Jérôme Cahuzac, le 8 mars 2013. — BERNARD BISSON/JDD/SIPA

«Scandaleux», «honteux», «consternant», les adjectifs de désillusion et de colère pleuvent dans les commentaires depuis ce mardi et les aveux de Jérôme Cahuzac, ancien ministre du Budget, confessant avoir bien possédé un compte «à l’étranger».

Chercher «les autres brebis galeuses»

«Comment voulez-vous faire confiance aux politiques qui trempent dans les affaires qu'ils "combattent"?» interroge Elodie, internaute de 20 Minutes sur Twitter. Pendant ce temps, de nombreux internautes attendent des suites et cherchent les «autres brebis galeuses»: le gouvernement ignorait-il vraiment l’existence de cette fraude fiscale? L’UMP a-t-elle raison de jouer les oies blanches? Comment empêcher qu’un scandale ait lieu avec les prochains ministres?

Florent prône «une enquête fiscale» systématique pour les membres du gouvernement. Augustin, lui, s’inquiète de la récupération des extrêmes, qui se «frottent les mains». Ce qui agace visiblement Qwerty, autre internaute qui a déposé ce commentaire: «Je réagis juste à ceux qui disent "Laissons la place au FN, on n’a pas encore essayé". Pourquoi ne pas donner sa chance à Cheminade en fin de compte? C'est vrai, on n’a jamais essayé non plus, et si ça se trouve, 99% des Français se trompent: coloniser la Lune, c'est l'avenir! C'est drôle hein? Le FN n'est pas plus proche du peuple que l'est le PS, l'UMP.»

Gérard Filoche a «toute mon approbation et mon estime»

Un «tous pourris» qui sied plutôt aux internautes de 20 Minutes, jusqu’au «massacre médiatique» infligé selon Boyz à Jérôme Cahuzac. «La politique est un sale monde (…) Laissons la justice faire son travail», écrit-il sobrement. Un seul homme politique ne subit pas l’opprobre des internautes: Gérard Filoche, ce socialiste qui, au bord des larmes, s’est élevé avec vigueur, sur le plateau de LCI, contre «ce genre de complicités». «Bravo Monsieur Filoche», lâche sans détour Kairon, pendant que Torgniolle le réclame au gouvernement. «On remarque que tous les politiques parlent du mensonge mais pas de la fraude par elle-même, note Marc dans les commentaires. Je crois que c'est une première qu'un politique connu reconnaisse ses magouilles. Allez, je vais être utopique et espérer que d'autres suivront, à droite comme à gauche.»

Donnant à Gérard Filoche «toute [son] approbation et [son] estime», G en retrouverait presque sa foi dans le monde politique. «Même si les avis des uns et des autres ne sont pas les mêmes, il y a des moments où toutes les pensées doivent se retrouver. Je pense que dans beaucoup de partis, contrairement à l'idée reçue que ce sont tous des pourris, la majorité soutiennent leurs convictions et sont des gens sincères.»

«Mediapart vient de prouver son impartialité»

L’émotion de Filoche, réelle pour ceux-là, feinte pour d’autres, est «inadmissible» selon un autre internaute, Brazz, pour qui, justement, le responsable socialiste donne du crédit à la théorie du «tous pourris». «Il y a dans cette intervention un mélange de tout et n'importe quoi digne du bistrot du coin mais pas d'un responsable devant les caméras. Bien sûr, comme tous, le cas de Cahuzac me répugne, m'exaspère et me révolte. Pour autant, je ne jette pas le bébé avec l'eau du bain.»

Tout du moins, avant de le faire, attendez la prochaine enquête de Mediapart, semblent souffler certains internautes. «Penchez-vous sur l'affaire Bettencourt, Kadhafi», conseille Fadax au pure-player; «merci de ne pas lâcher Woerth, Copé et Sarkozy», invite Dom de son côté.

«Pour ma part, je prends un abonnement à Mediapart, prend soin d’indiquer Houpahoupa dans les commentaires. Le site vient de prouver son impartialité. Pendant cinq ans, ils attaquaient le gouvernement de Sarkozy, aujourd’hui, ils continuent avec la gauche. Et ils ont raison.»