Jérôme Cahuzac mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale

ENQUÊTE ’ex-ministre du Budget avait toujours catégoriquement nié avoir détenu un compte à l’étranger…

E.O. avec agences

— 

Jérôme Cahuzac le 20 mars 2013, lors de la passation de pouvoir avec Bernard Cazeneuve, au lendemain de sa démission.
Jérôme Cahuzac le 20 mars 2013, lors de la passation de pouvoir avec Bernard Cazeneuve, au lendemain de sa démission. — CHESNOT/SIPA

Jérôme Cahuzac, entendu ce mardi après-midi par les juges d'instruction chargés de l'enquête sur ses comptes présumés en Suisse et à Singapour, a été mis en examen pour blanchiment de fraude fiscale a annoncé son avocat à l'AFP.  L'ex-ministre du Budget a reconnu devant les juges l'existence d'un compte à l'étranger, qu'il possède depuis «une vingtaine d'années». Sur son blog, Jérôme Cahuzac a indiqué qu'environ «600.000 euros» se trouvaient sur ce compte, «qui n’a pas été abondé depuis une douzaine d'années».

Jérôme Cahuzac a démissionné de ses fonctions le 19 mars en raison de cette affaire.

Décision de «passer aux aveux»

Deux magistrats du pôle financier du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris, Roger Le Loire, doyen du pôle financier, et Renaud Van Ruymbeke ont été désignés le 20 mars pour enquêter sur cette affaire après l'ouverture la veille d'une information judiciaire visant l'ancien ministre.

Jérôme Cahuzac était soupçonné d'avoir détenu un compte en Suisse à la banque UBS, ce qu'il a toujours catégoriquement nié. Il avait porté plainte en diffamation contre Mediapart, qui avait révélé l'affaire.

Un témoin auditionné pendant l'enquête préliminaire de police a par ailleurs indiqué que les sommes versées sur ce supposé compte proviendraient de laboratoires pharmaceutiques, a rapporté le parquet de Paris. Une information judiciaire contre X visant l'ancien ministre du Budget a été ouverte pour blanchiment de fraude fiscale, mais aussi perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la sécurité sociale, blanchiment et recel de ce délit.

Jérôme Cahuzac avait nié en conseil des ministres et devant l'Assemblée avoir jamais détenu un compte à l'étranger.

(le 5 décembre 2012)