Election au Medef: L'ambiance s'envenime avant un vote décisif

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Le ton se durcit entre la présidente du Medef Laurence Parisot et ses opposants à deux jours d'un vote décisif pour changer les statuts de l'organisation patronale afin qu'elle puisse se représenter.
Le ton se durcit entre la présidente du Medef Laurence Parisot et ses opposants à deux jours d'un vote décisif pour changer les statuts de l'organisation patronale afin qu'elle puisse se représenter. — Eric Piermont AFP

Le ton se durcit entre la présidente du Medef Laurence Parisot et ses opposants, à deux jours d'un vote décisif pour changer les statuts de l'organisation patronale afin qu'elle puisse se représenter. Le conseil exécutif du Medef, composé de 45 membres, doit décider jeudi si la proposition de réforme, voulue par Laurence Parisot et présentée le 11 mars par le comité statutaire, doit être transmise à l'assemblée générale du Mouvement des entreprises de France. Plusieurs fédérations ont annoncé leur opposition à l'instauration de mandats de cinq ans renouvelables sans limite autre que l'âge du candidat, une transformation qui s'appliquerait dès l'élection de l'été prochain.

Laurence Parisot, qui a provoqué de vives contestations en saisissant en janvier le comité statutaire, ne peut se présenter à un troisième mandat en l'état actuel du règlement interne. Son deuxième mandat de trois ans après un premier de cinq ans s'achève le 1er juillet. Pour être validée, la réforme doit obtenir l'assentiment des deux tiers des 560 membres votants de l'assemblée générale.

Lundi, la Fédération française du bâtiment annonçait officiellement son opposition à une modification des statuts avant l'élection, une position qu'avait exprimée jeudi la plus importante fédération du Medef, l'UIMM. L'Union des industries et métiers de la métallurgie, dont le président Frédéric Saint-Geours est largement considéré comme un candidat, même s'il n'est pas encore déclaré, représente un peu moins du tiers des votants de l'assemblée générale. Elle pourrait donc, si elle était suivie même par un nombre réduit d'autres membres, faire pencher la balance dans le sens d'un refus de la réforme.

Lâchée

«A titre personnel et au titre de ma fédération, celle des télécoms, je ne suis pas favorable à ces changements», a déclaré lundi Geoffroy Roux de Bézieux, un autre candidat. En fin de semaine dernière, c'est un fidèle lieutenant, Patrick Bernasconi, chef de la Fédération nationale des travaux publics et perçu comme son dauphin, qui lâchait la patronne des patrons. «Laurence Parisot devrait fédérer les entreprises, or cette initiative les divise», accusait-il dans un entretien publié vendredi dans le journal Le Monde, parlant d'«image désastreuse» pour le patronat.

Pour appuyer son argument, Laurence Parisot dénonçait lundi les règles instituant un mandat de cinq ans suivi d'un de trois ans qui créent selon elle «une inégalité entre les candidats, mais surtout transforment l'élection au second mandat en une cooptation». «Tu resteras si ... et à condition de ne rien faire qui dérange», résumait-elle. Elle affirmait avoir ainsi été victime en 2010 de «violences inouïes» «en termes de campagne de presse disqualifiante ou de tentatives de déstabilisation en interne, venues du cercle le plus proche».

L'ambiance semblait délétère avant le vote de jeudi, certains exprimant des craintes de fraudes. Dans un courrier adressé mercredi à tous les membres du conseil exécutif, et dont l'AFP a obtenu copie mardi, Pierre Gattaz, le président du Groupe des fédérations industrielles et candidat à la tête du Medef, demandait que la chef des patrons lui communique «dans les plus brefs délais» le «détail des modalités du scrutin» et notamment «l'inviolabilité de l'urne».