Jean-Marc Ayrault s'en prend à Henri Guaino et ses attaques contre les juges

POLITIQUE Selon Jean-Marc Ayrault, s'il y a une institution «qu'il faut absolument respecter, c'est l'autorité judiciaire

E.O. avec AFP

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Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée nationale, le 12 mars 2013.
Jean-Marc Ayrault à l'Assemblée nationale, le 12 mars 2013. — CHAMUSSY/SIPA

Jean-Marc Ayrault s'en est pris ce mardi à l'Assemblée nationale à Henri Guaino, qui a critiqué avec virulence Jean-Michel Gentil le magistrat qui a mis en examen Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt.

«Est-ce être indigne de la République que de déclarer sa confiance à Nicolas Sarkozy? Est-ce être indigne de la République que de dire que Nicolas Sarkozy doit être traité comme tout citoyen, pas mieux, mais pas moins bien?» avait auparavant clamé Christian Jacob, le président du groupe UMP à l’Assemblée, lors des questions au gouvernement.

«Nous sommes dans un Etat de droit et si nous voulons que les citoyens aient confiance dans les institutions de la République, il faut les respecter», a répondu le Premier ministre. Selon Jean-Marc Ayrault, s'il y a une institution «qu'il faut absolument respecter, c'est l'autorité judiciaire et respecter l'autorité judiciaire, c'est respecter son indépendance». 

Guaino «vient sans cesse donner de grandes leçons de République»

«Oui, M. Sarkozy comme les autres, ou M. (Jérôme) Cahuzac ou M. (Eric) Woerth, ils ont tous le droit, comme chaque citoyen, même les plus modestes, au respect de la présomption d'innocence», a-t-il ajouté.

«Mais en même temps (...) j'ai été fort étonné de la part de M. Guaino, qui est ici, et qui a sans cesse donné de grandes leçons de République, qu'il se permette d'attaquer avec tant de violence un magistrat qui en toute indépendance avait pris ses décisions», a dit Jean-Marc Ayrrault. Cette remarque a suscité des remous parmi les députés UMP, dont plusieurs ont scandé «Guaino, Guaino!».

Comme vendredi à Angers, le chef du gouvernement a assuré que l'actuelle majorité ne «s'immiscerait pas» dans les affaires de la justice.

Vendredi, au lendemain de la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour abus de faiblesse à l'encontre de Liliane Bettencourt, l'héritière de L'Oréal, Henri Guaino, son ancien conseiller spécial, élu député en juin, avait reproché au juge Jean-Michel Gentil d'avoir «déshonoré un homme, les institutions, la justice». Lundi, il a estimé que le magistrat «salissait la France».