Xavier Bertrand relaxé pour ses propos sur les «méthodes fascistes» de Mediapart

JUSTICE Le site entend «continuer le débat judiciaire devant la cour d'appel»...

avec AFP

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Xavier Bertrand, le 3 février 2013 à l'Assemblée.
Xavier Bertrand, le 3 février 2013 à l'Assemblée. — WITT/SIPA

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé ce mardi l'ancien secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand, poursuivi pour diffamation par Mediapart qu'il avait accusé d'utiliser des «méthodes fascistes» dans ses révélations sur l'affaire Bettencourt en 2010. En marge d'un meeting au Raincy, en Seine-Saint-Denis, le 6 juillet 2010, Xavier Bertrand avait qualifié Mediapart de «site qui utilise des méthodes fascistes (...)».

Cette réaction intervenait en plein maelström politique né de la révélation par le site d'informations en ligne, le 16 juin, d'enregistrements pirates réalisés par le majordome de Liliane Bettencourt. Ces documents sonores révélaient la fragilité de l'héritière de l'Oréal et suggéraient des relations étroites entre la milliardaire et des figures de l'UMP, dont Eric Woerth, ex-ministre UMP du Budget.

«J'ai réagi à chaud mais je ne retire aucun mot»

«Nous allons continuer ce débat judiciaire devant la cour d'appel», a réagi le président et cofondateur de Mediapart, Edwy Plenel, sans exclure d'aller «jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme». «Mediapart est un justiciable serein à la différence de ceux que j'entends depuis plusieurs jours, à savoir les protagonistes de l'affaire Bettencourt, notamment dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, tel Henri Guaino, qui insultent et piétinent l'indépendance de la justice», a déclaré Edwy Plenel à l'issue du délibéré.

Dans cette affaire, le juge a considéré que «les propos de Xavier Bertrand ne relevaient pas d'une qualification recouvrant un fait précis», a-t-il expliqué. «J'ai réagi à chaud mais je ne retire aucun mot», s'était défendu devant la 17e chambre correctionnelle le député-maire de Saint-Quentin (Aisne). Quelques heures avant les déclarations de Xavier Bertrand, Mediapart avait publié une interview de Claire Thibout, l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, selon laquelle les Bettencourt avaient versé de l'argent pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

L'affaire Bettencourt a pris un nouveau tournant avec la mise en examen jeudi à Bordeaux de l'ex-président de la République par le juge Jean-Michel Gentil pour «abus de faiblesse» à l'encontre de l'héritière de L'Oréal.