«Mariage pour tous»: François Hollande «ira jusqu’au bout», assure l'Elysée

POLITIQUE Au lendemain de la manifestation des opposants et à 10 jours du début de l'examen du texte par le Sénat, l'exécutif n’entend pas bouleverser son calendrier...

Enora Ollivier
— 
Illustration mariage pour tous. Salon du mariage et du Pacs à Lille, le 25 novembre 2012.
Illustration mariage pour tous. Salon du mariage et du Pacs à Lille, le 25 novembre 2012. — M.LIBERT/«20 MINUTES»

Ils veulent être reçus par le Président. Et demandent, pour certains, le retrait du projet de loi sur le «mariage pour tous» d’ici jeudi, jour de l’interview télévisée de François Hollande –le député Hervé Mariton a même lancé un «ultimatum» au chef de l’Etat à ce sujet. Les opposants au texte gouvernemental estiment que leur mobilisation de dimanche doit bouleverser l’agenda du projet de loi.

A l’Elysée, on assure ne pas vaciller. «On respecte une mobilisation importante, de gens venus de toute la France», mais «on ira jusqu'au bout», a assuré à Reuters l'entourage du chef de l'Etat, soulignant que «le processus parlementaire est déjà bien engagé». L'Elysée a également exclu de recevoir pour le moment les chefs de file des opposants au texte, comme ils le réclament.

Un vote au Sénat plus serré

Le projet de loi, adopté en première lecture à l’Assemblée le 12 février, doit être examiné au Sénat à partir du 4 avril et jusqu’au 12, voire 13 avril. Le vote par la chambre haute du Parlement pourrait être plus serré qu’au Palais Bourbon, où 329 députés s’étaient exprimés en faveur du texte (229 contre). Le texte est déjà passé de justesse en commission des lois au Sénat, où il a été adopté par 23 voix contre 21. 

La gauche –PS, EELV, communistes et radicaux de gauche réunis- ne dispose au Sénat que d’une courte majorité. Et les calculs peuvent être compliqués par la défection de sénateurs socialistes, qui pourraient voter contre le projet de loi, tandis que des élus de droite pourraient donner leur voix au texte. Chantal Jouanno, sénatrice UDI, a ainsi déjà fait savoir qu’elle voterait le texte.

Le Conseil constitutionnel en renfort

Le projet de loi doit ensuite retourner devant les députés pour une deuxième lecture. «A mon avis, pour l'été, c'est bouclé», a estimé la ministre de la Justice mardi dernier, ajoutant qu’«au pire des cas, ce sera à la rentrée d'automne». 

Dans l’intervalle, le collectif «La manif pour tous» a fait savoir qu’il comptait bien organiser une autre manifestation. Sur le plan politique, l’opposition a d’ores et déjà annoncé qu’elle saisirait le Conseil constitutionnel après l’adoption définitive de la loi. Mais le président de l’institution Jean-Louis Debré a déjà écarté en janvier une censure du texte car la définition du «contour du mariage», «c’est de la compétence du Parlement, pas de la compétence du Conseil constitutionnel».