«Manif pour tous»: Une manifestation sous tension

POLITIQUE Bataille de chiffres et tensions sur les Champs-Elysées...

Matthieu Goar

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Les forces de l'ordre repoussent des participants à la «Manif pour  tous», qui veulent accéder aux Champs Elysées malgré l'interdiction, le  24 mars 2013, à Paris.
Les forces de l'ordre repoussent des participants à la «Manif pour tous», qui veulent accéder aux Champs Elysées malgré l'interdiction, le 24 mars 2013, à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«Les images à la télé sont très impressionnantes, l’avenue de la Grande armée est pleine», encourage un des 8.000 bénévoles installé au début du défilé. Ce dimanche, lors de la manifestation des opposants au Mariage pour tous la bataille des chiffres a de nouveau fait rage. Les organisateurs ont estimé qu’1,4 millions de personnes avaient envahi le parcours entre l’Arche de la Défense et l’Arc de Triomphe, soit 400 000 de plus que le 13 janvier. Un total près de cinq fois supérieur à celui calculé par la préfecture de police (300.000 personnes, soit 40.000 de moins que lors de la manifestation de janvier).

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La place de l'Etoile envahie

Equipés de drapeaux, de sifflets et de pancartes fournies par le collectif, les manifestants ont interpellé le président de la République. en scandant «Hollande, ta loi, on n’en veut pas » et en écoutant les responsables associatifs, religieux et politiques s’exprimer sur une scène devant l’Arc de Triomphe.

Alors que le parcours n’avait été finalisé que jeudi soir, la police s’est retrouvée transpercée juste au pied de la scène et plusieurs milliers de personnes ont envahi la place de l’Etoile et les Champs-Elysées avec l’ambition de rejoindre l’Elysée, ce qui n’était pas prévu. Les CRS ont utilisé leurs bombes lacrymogènes.

Jeunes politisés mais familles aussi

«Nous espérons que les forces de l’ordre les arrêteront», ont lancé au micro les organisateurs qui se sont d’abord désolidarisés de ces incidents avant que des politiques, notamment Jean-François Copé ne demandent «des comptes» sur l’utilisation des gaz. Certains jeunes d’extrême droite ont été impliqués mais des manifestants moins politisés se sont aussi retrouvés pris dans les accrochages.

«Ce sont des personnes calmes d’habitude, mais ils sont tellement frustrés», explique un bénévole qui a assisté aux événements. Frigide Barjot a expliqué en fin de journée qe le collectif avait l'ambition d'organiser une nouvelle manifestation.