Mise en examen de Sarkozy: L'UMP dénonce un «acharnement judiciaire»

REACTIONS L'ancien chef de l'Etat a été mis en examen pour abus de faiblesse ce jeudi dans le cadre de l'affaire Bettencourt...

N. Bg.

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Illustration: Le siège de l'UMP à Paris, le 19 mars 2013.
Illustration: Le siège de l'UMP à Paris, le 19 mars 2013. — WITT/SIPA

Alors que la droite dénonce un «acharnement judiciaire», ouvrant la porte à la théorie du complot, la gauche reste discrète après  la mise en examen jeudi soir de Nicolas Sarkozy pour abus de faiblesse dans l'affaire Bettencourt. Les premières réactions politiques ont été exprimées sur Twitter, la présidente du Parti chrétien-démocrate et soutien de Nicolas Sarkozy pendant la dernière présidentielle, Christine Boutin, parlant d'un «coup de tonnerre»:

Le député UMP Lionnel Luca a fait de son côté le lien entre cette mise en examen et la candidature éventuelle de Nicolas Sarkozy à la prochaine présidentielle.

«Acharnement judiciaire»

Toujours à droite, le député UMP du Nord Sébastien Huygues a réagi sur BFM-TV: «Je suis triste de cette décision de la part du juge mais il faut rappeler qu'il y a la présomption d'innocence. (...) Il faut raison garder, c'est un acte de procédure dans une procédure judiciaire qui suit son cours. Je suis persuadé de l'innocence de Nicolas Sarkozy.» L'ancien ministre et député UMP Benoist Apparu s'est dit «surpris» sur i-Télé: «Qu'un candidat à la présidentielle "abuse" une vieille dame, ça me paraît surréaliste», a-t-il ajouté, se disant convaincu de l'innocence de l'ancien chef d'Etat.

Moins modéré, le député UMP Thierry Mariani s'est interrogé sur la portée politique de la décision du juge Gentil sur i-Télé: «On peut se demander s’il n’y a pas un acharnement des juges», repris en écho sur BFM-TV par le secrétaire général adjoint de l'UMP Geoffroy Didier, parlant lui aussi d'«acharnement judiciaire».

Copé a eu un entretien téléphonique avec Sarkozy

Christian Estrosi, député-maire UMP de Nice et membre de l'association «Les amis de Nicolas Sarkozy», a dénoncé des «méthodes au relent politique évident», en ajoutant toutefois «espérer que la justice de notre pays ne permettra pas longtemps encore l'instrumentalisation de cette affaire». Il a fait remarquer que la mise en examen de Nicolas Sarkozy était intervenue «48 heures après la mise en cause d'un ministre socialiste», Jérôme Cahuzac, contraint de démissionner de son poste de ministre du Budget. «Sans doute pour faire compensation», a glissé l'ancien ministre.

Mais au-delà, aucun des ténors de l'UMP ne s'est exprimé. Le président du parti, Jean-François Copé, qui a prévu de réagir vendredi matin sur France 2, a eu un entretien téléphonique dans la soirée, selon son entourage, avec l'ancien chef de l'Etat.  Rien n'a filtré de cette conversation.

«Vous n’allez pas me dire qu’il est blanc comme neige»

La présidente du Front national Marine Le Pen a raillé l'ancien chef de l'Etat dans un communiqué, estimant que «Nicolas Sarkozy opère, via cette affaire judiciaire, un retour dans la vie publique certainement assez différent de celui qu'il s'était imaginé», précisant qu'il ne pouvait «en aucun cas rester membre du Conseil constitutionnel».

A gauche, le député EELV Noël Mamère a réagi plus durement sur i-Télé: «Je ne suis pas du tout étonné par cette mise en examen, vous n’allez pas me dire qu’il est blanc comme neige.» L'Elysée n'a pas apporté de réaction.

Le porte-parole du Parti socialiste, David Assouline, a jugé que l'objet de la mise en examen de Nicolas Sarkozy était «grave pour un ancien président de la République», tout en appelant au respect de la présomption d'innocence. «On peut défendre la présomption d'innocence sans dénigrer la justice», a quant à lui répliqué à l'UMP, sur twitter, le député Olivier Faure, proche du Premier ministre Jean-Marc Ayrault