Politique

Le délit de racolage passif sera abrogé, annonce Vallaud-Belkacem

L'engagement de campagne de François Hollande d'abroger le délit de racolage passif sera tenu et inclus dans une proposition de loi globale sur la prostitution et la traite, affirme ce samedi Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, dans Le Parisien. Alors que ce texte controversé a dix ans, la porte-parole du gouvernement assure que la nouvelle loi sera élaborée d'ici l'automne.

«Cet engagement sera tenu. Pour une raison simple: l'instauration du délit de racolage passif a fait des personnes prostituées des coupables, quand 90% d'entre elles sont des victimes de la traite des êtres humains», dit-elle. «Pour échapper aux forces de l'ordre, elles se sont éloignées des centres-villes et des structures d'accompagnement, se retrouvant plus exposées aux violences», ajoute-t-elle.

Proposition de loi EELV examinée le 28 mars

Najat Vallaud-Belkacem souligne toutefois qu'abroger ce délit «ne signifie pas l'impunité des proxénètes, au contraire», car la plus grande fermeté est mise en oeuvre contre les réseaux. Le projet gouvernemental tardant à venir, le Syndicat des travailleurs du sexe (Strass), qui dit regrouper des prostituées «indépendantes», a appelé à une manifestation ce samedi à Paris, place Pigalle, pour demander la disparition effective de ce texte.

Pour faire pression sur le gouvernement, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a réinscrit de son côté une proposition de loi abrogeant le délit de racolage passif. Elle doit être examinée le 28 mars par le Sénat.

Le 18 mars 2003, la Loi de sécurité intérieure a institué le délit de racolage passif, pénalisant «le fait par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder publiquement au racolage d'autrui en vue de l'inciter à des relations sexuelles en échange d'une rémunération». Tout contrevenant est passible de deux mois d'emprisonnement et de 3.750 euros d'amende.