Syrie: Hollande veut une décision sur les armes «dans les prochaines semaines»

DIPLOMATIE François Hollande souhaite que les Européens prennent «dans les prochaines semaines» une décision sur la levée de l'embargo sur la fourniture d'armes aux forces d'opposition syriennes...

Avec agences

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François Hollande lors de son discours au sommet de l'Union européenne à Bruxelles, le 15 mars 2013.
François Hollande lors de son discours au sommet de l'Union européenne à Bruxelles, le 15 mars 2013. — Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

Le président François Hollande a souhaité ce vendredi que les Européens prennent «dans les prochaines semaines» une décision sur la levée de l'embargo sur la fourniture d'armes aux forces d'opposition syriennes.

«Des armes sont livrées par des pays, dont la Russie, à Bachar al-Assad et son régime. Nous devons en tirer toutes les conclusions et l'Europe doit prendre sa décision dans les prochaines semaines», a déclaré François Hollande devant la presse à l'issue du sommet européen.

«Décision à prendre»

Le Président a précisé que «toutes les conséquences de la levée de l'embargo» seront examinées par les ministres des Affaires étrangères au cours d'une réunion prévue de longue date les 22 et 23 mars à Dublin. Selon François Hollande, les Européens auront «peut-être une décision à prendre» avant la fin du mois de mai, date à laquelle le régime de sanctions contre la Syrie doit être abandonné ou prolongé, car «la situation évolue» sur le terrain.

Il a estimé que la chancelière allemande Angela Merkel n'était pas hostile par principe à la levée de l'embargo mais qu'elle voulait en «regarder toutes les conséquences». «Le plus grand risque, ce serait de ne rien faire, de laisser faire (...) Ce serait le chaos (...) Le plus grand risque, c'est l'inaction», a prévenu le président français.

Veto possible de la France ou du Royaume-Uni

«C'est en prenant une décision qu'on réduit les risques. Sur les armes, mieux vaut les contrôler que de les laisser circuler ce qui est le cas aujourd'hui», a-t-il ajouté.

Les décisions européennes en matière de politique étrangère se prenant à l'unanimité des Vingt-Sept, il suffirait à la France ou au Royaume-Uni d'opposer leur veto à la reconduction de l'embargo, qui a été reconduit le 1er mars pour trois mois, pour que l'interdiction de vente d'armes tombe le 31 mai.

Mais la décision prise de ce vendredi montre à quel point Paris et Londres font pression pour aller vite en besogne sur ce dossier.

 

En France, la déclaration de François Hollande a été peu appréciée de l'opposition. L'UMP a appelé à la prudence, tandis que le FN parle de «folie». L'ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé salue l'initiative, tandis que François Bayrou (Modem) s'interroge sur Europe 1: «A qui livre-t-on des armes ?». «Il y a des gens très bien dans la résistance syrienne et puis il y a des fondamentalistes», a-t-il souligné.