Bayrou appelle à la prudence sur des livraisons d'armes aux rebelles syriens

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Les appels à la prudence se sont multipliés vendredi en France après l'annonce surprise de livraisons possibles d'armes aux rebelles syriens par Paris et Londres, en passant outre l'embargo européen s'il le faut.
Les appels à la prudence se sont multipliés vendredi en France après l'annonce surprise de livraisons possibles d'armes aux rebelles syriens par Paris et Londres, en passant outre l'embargo européen s'il le faut. — Martin Bureau AFP

François Bayrou, le président du MoDem, a appelé vendredi à «la prudence et la réflexion» au sujet du projet de livraisons d'armes de la France et de la Grande-Bretagne aux rebelles syriens.

Sur Europe 1, l'ex-candidat centriste à la présidentielle s'est dit «très interrogatif» sur cette perspective, annoncée par Paris la veille. «La France est prête à prendre ses responsabilités» et à livrer des armes à l'opposition syrienne, si elle ne parvient pas à convaincre ses partenaires européens, a affirmé jeudi le président François Hollande.

François Bayrou a admis être «minoritaire» dans ses réserves «puisque UMP et PS sont sur la même position». «Je trouve qu'il y a là un très grand risque pris», a-t-il dit. «Ca veut dire qu'on va se lancer dans la surenchère des livraisons d'armes» avec en face l'Iran, la Russie. «On va les justifier dans leurs livraisons, on va avoir une escalade».

Une «guerre intracommunautaire»

Ensuite « à qui livre-t-on des armes?», a demandé François Bayrou. «Il y a des gens très biens dans la résistance syrienne et puis il y a des fondamentalistes». «On a vu en Libye ce que faisaient les livraisons d'armes et le fait que ça se répandait dans toute la région et que nous ayons ensuite à les affronter'».

Enfin, a relevé François Bayrou, «il ne s'agit pas dans ce pays seulement d'une guerre d'un dictateur contre un peuple», mais «il y a surtout» une «guerre intracommunautaire», des communautés ethniques liées à une origine, à la religion.

«Le fait que la France s'engage ainsi et que les autres pays européens , en dehors de la Grande-Bretagne, disent attention, il y a là un risque très important (qui) doit nous amener à réfléchir beaucoup plus», a-t-il dit.