Election au Medef: Parisot risque d'échouer dès le premier obstacle

avec AFP

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Laurence Parisot, décidée à modifier les statuts du Medef pour se maintenir à sa tête, risque de voir rapidement ses espoirs brisés par un vote négatif du conseil exécutif de l'organisation patronale, selon une enquête menée par l'AFP auprès de ses membres.
Laurence Parisot, décidée à modifier les statuts du Medef pour se maintenir à sa tête, risque de voir rapidement ses espoirs brisés par un vote négatif du conseil exécutif de l'organisation patronale, selon une enquête menée par l'AFP auprès de ses membres. — Frederick Florin AFP

Laurence Parisot, décidée à modifier les statuts du Medef pour se maintenir à sa tête, risque de voir rapidement ses espoirs brisés par un vote négatif du conseil exécutif de l'organisation patronale, selon une enquête menée par l'AFP auprès de ses membres.

Le second mandat de la patronne des patrons s'achève le 1er juillet et les statuts lui interdisent d'en briguer un troisième. Mais, à la surprise générale, elle a saisi mi-janvier le comité statutaire du Mouvement des entreprises de France (Medef) pour examiner une révision des règles internes.

Après deux mois de réflexion sur fond de polémiques, et alors que la bataille pour la succession est lancée avec déjà quatre candidats en lice face à Laurence Parisot, ce comité va rendre son avis lundi devant le conseil exécutif.

Si les «sages» préconisent une refonte des statuts, le conseil exécutif devra la valider à la majorité de ses 45 membres. Le vote aura lieu lors d'une réunion extraordinaire d'ici tout début avril, mais la partie s'annonce déjà difficile pour Laurence Parisot.

Patronnat divisé sur la manoeuvre

L'AFP a contacté cette semaine 31 des 45 membres de l'instance dirigeante du Medef, pour la plupart directement et une poignée via leur proche entourage. Leur position, souvent confiée sous le sceau de l'anonymat, fait apparaître un patronat divisé et plutôt hostile aux manoeuvres de sa présidente.

Sur ces 31 responsables, 14 se disent clairement contre une réforme des statuts et seulement cinq affirment ouvertement soutenir sa démarche. Les 12 autres ne se prononcent pas ou se disent indécis.

«L'unité»

L'entourage de Laurence Parisot revendique le soutien d'un poids lourd du patronat, l'ex-banquier Michel Pébereau, l'un de ses parrains historiques.

Certains opposants se sont aussi déjà exprimés publiquement, notamment les candidats déclarés à la présidence Pierre Gattaz et Geoffroy Roux de Bézieux, ou le candidat potentiel Frédéric Saint-Geours, patron de la puissante Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). En province, les Medef Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côtes d'Azur sont mobilisés.

Mais en privé, plusieurs anciens alliés proches de Laurence Parisot ne décolèrent pas contre ses velléités. «Je veux bien qu'on change les statuts pour l'avenir, mais il est hors de question que ça s'applique à elle», glisse l'un d'eux.

«Qu'on évite de se foutre sur la gueule»

Les indécis, eux, expliquent vouloir consulter l'organisation professionnelle ou territoriale qu'ils représentent avant de se prononcer. Plusieurs insistent toutefois sur la nécessité de préserver «l'unité» de la principale organisation patronale française et ne semblent pas disposés à donner un blanc-seing à Laurence Parisot si un vrai consensus ne se dégage pas en ce sens. «Il faut qu'on évite de se foutre sur la gueule sur des questions de statuts et d'ambition personnelle», résume le chef de file d'une fédération professionnelle.

Avenue Bosquet, l'entourage de la principale intéressée ne se démonte pas. Un de ses proches assure que les positions se décanteront une fois que les recommandations du comité statutaire seront connues.