Bayrou sur Sarkozy: Un responsable politique ne peut dépendre d'un pays étranger

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Privé de mandat national, à la tête d'un parti exsangue, François Bayrou, qui publie un nouvel essai, entend influer sur le débat politique dans un dialogue direct avec les Français, en attendant un éventuel rebond.
Privé de mandat national, à la tête d'un parti exsangue, François Bayrou, qui publie un nouvel essai, entend influer sur le débat politique dans un dialogue direct avec les Français, en attendant un éventuel rebond. — Martin Bureau AFP

François Bayrou a appelé mercredi Nicolas Sarkozy à «s'interroger» avant d'éventuellement s'engager dans la gestion d'un fonds qatari, estimant, au nom de la «morale d'Etat», qu'un «responsable politique» de son rang et avec ses ambitions, ne peut «dépendre d'un pays étranger».

Selon le Financial Times, l'ancien président français aurait été sollicité par le Qatar pour prendre la tête d'un fonds souverain de 500 millions d'euros destiné à des investissements dans des pays émergents. L'entourage de Nicolas Sarkozy n'a ni confirmé ni démenti cette information, expliquant simplement que l'ancien chef de l'Etat «reçoit régulièrement des propositions, mais ne s'est engagé dans aucune».

Il faut s'exprimer «avec prudence sur cette affaire» mais «quelqu'un qui a exercé les responsabilités qui ont été celles de Nicolas Sarkozy et qu'il vise à exercer encore, selon moi, ça n'est pas dans la gestion d'un fonds souverain et dans les questions d'argent qu'il peut s'investir», a expliqué le patron du MoDem sur France Inter.

Et «surtout, a-t-il ajouté, quand il devient par ce mécanisme, l'obligé d'un pays étranger qui a une stratégie d'Etat d'implantation en France et, peut-être en Europe par la France et que, d'autre part, ce pays est lié à des mouvements fondamentalistes dans le monde».

«Il y a là, et je pense qu'il faut le dire avec beaucoup de responsabilité, une question devant laquelle Nicolas Sarkozy, en raison des fonctions qu'il a exercées et en raison de sa place au Conseil constitutionnel, devrait à mon avis s'interroger», a-t-il dit.

Pour le leader centriste, cette question ne relève pas «de la morale individuelle», il s'agit de «morale d'Etat».

«On ne peut pas, quand on est un responsable politique français, être dépendant d'un pays étranger», dit-il. «Personne ne le dit, mais il s'agit d'une grande question civique et nationale», a-t-il jugé.