Vent de fronde au Front

POLITIQUE Le vice-président Florian Philippot est contesté, surtout en Moselle où il veut s'implanter...

Alexandre Sulzer
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Florian Philippot, le bras droit de Marine Le Pen, le 20 mai 2012, Freyming-Merlebach, en Moselle.
Florian Philippot, le bras droit de Marine Le Pen, le 20 mai 2012, Freyming-Merlebach, en Moselle. — J.-C. VERHAEGEN / AFP

L’ambiance est telle que deux responsables nationaux, Wallerand de Saint-Just et Marie-Christine Arnautu, se rendront mercredi en Lorraine. «Ils veulent éteindre l’incendie, mais le feu a déjà trop pris», regrette un élu régional. Le FN est secoué par une contestation de la direction nationale et, en particulier, de son vice-président Florian Philippot. Au cœur de la jacquerie, la Moselle, où ce dernier souhaite s’implanter et dont deux responsables locaux sont convoqués lundi devant la commission des conflits. «Je ne m’y rendrai pas, qu’est-ce que j’irai y faire? Je peux me virer tout seul», s’énerve le premier d’entre eux, Alain Friederich qui a été le suppléant de Philippot aux dernières législatives. Depuis le mois dernier, la rupture est consommée entre eux. Le Mosellan reproche au proche de Marine Le Pen de ne pas avoir «remboursé les frais» de campagne engagés par les militants. «On n’avait pas de problèmes en Moselle avant l’arrivée de Philippot, raconte, sous le sceau de l’anonymat un responsable FN local. Il est venu avec sa morgue, son mépris d’énarque. Il trimballe une copine algérienne dans ses bagages et ça, ça ne passe pas ici.» Mais surtout, il «essaye de placer ses amis».

Un recrutement polémique

Trois conseillers régionaux viennent de claquer la porte du parti. «La goutte d’eau qui a fait dépasser le vase», c’est le recrutement annoncé d’Arnaud Menu, un membre du Bloc identitaire, comme assistant du groupe. Un choix que les responsables locaux du FN présentent comme celui de Florian Philippot. «Il l’a choisi pour mener la campagne municipale à Forbach tout en étant rémunéré par la région, ce sera un emploi fictif», accuse Alain Friederich. «Je ne veux pas porter le chapeau» de ce recrutement, se défend le président du groupe FN à la région, Thierry Gourlot, visiblement gêné. Tandis que le vice-président, Jean-Luc Manoury, dénonçant la «duplicité» de Florian Philippot, attend des explications avant le 15 mars. «Sans quoi j’en tirerai toutes les conséquences». Contacté par 20 Minutes, Arnaud Menu assure n’être «imposé par personne», mais confirme avoir été présenté en janvier aux militants comme un futur animateur de la campagne municipale à Forbach.

«Un management par la terreur»

Autre Mosellane convoquée devant la commission de discipline, Cassandre Fristot, l’ancienne chef de cabinet du vice-président du FN Louis Aliot. Le parti lui reproche de s’être plainte après avoir été licenciée lors de sa période d’essai à cause d'un désaccord d’emploi du temps. Celle qui a été responsable de la quatrième circonscription de Moselle dénonce «une loi du silence totale, un management par la terreur». Pour elle, la Moselle est «un labo du FN où les technocrates s’imposent aux militants de la base».

Sanction après des propos sur Facebook

Mais le foyer n’est pas que lorrain. A Paris, Marie d’Herbais qui co-présentait le «journal de bord» de Jean-Marie Le Pen sur Internet, a été remerciée fin février. Le 20, selon nos informations, elle avait égratigné sur son profil Facebook un «Philippot de merde», dénonçant «son gaullisme, sa connerie et l’ambiance atroce qu’il cause». «Elle a aussi multiplié les propos très critiques envers Marine Le Pen», glisse un cadre du parti.  La fronde pourrait bien laisser des traces. A Forbach, Alain Friederich le promet: «Si on peut faire un croche-pattes à Philippot, on lui fera.»