Nicolas Sarkozy ou la stratégie de l'éternel recours

POLITIQUE Nicolas Sarkozy, avec ses confidences dans «Valeurs Actuelles», ne veut pas laisser le champ libre à François Fillon en 2017…

Alexandre Sulzer

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Nicolas Sarkozy, le 26 novembre 2012
Nicolas Sarkozy, le 26 novembre 2012 — Benoit Tessier/Reuters

Sur le fond, rien de bien nouveau: si la situation l’exige, «je serai obligé d’y aller. Pas par envie. Par devoir. Uniquement parce qu’il s’agit de la France.» Sauf que cette fois-ci, les états d’âme sur un retour en politique de Nicolas Sarkozy ne sont pas relayés par son entourage mais directement par l’intéressé. Voilà pourquoi les confidences de l’ancien Président dans Valeurs Actuelles à paraître ce jeudi ont fait grand bruit. Sur la forme, Nicolas Sarkozy a opté pour des confidences - et non une interview qui serait interprétée comme une velléité évidente de come-back - dans un hebdomadaire ancré à droite. Preuve, s’il en fallait une, que ces propos faussement off sont avant tout destinés aux sympathisants UMP. La semaine précédente, François Fillon avait affirmé qu’il entendait «tout faire» pour être candidat en 2017, assurant que Nicolas Sarkozy et lui-même étaient désormais«au même niveau».

56% des sympathisants pour un retour

Fort opportunément, un sondage Ifop pour Atlantico, publié mercredi, indique que 56% des sympathisants UMP souhaiteraient que Nicolas Sarkozy soit le candidat de la droite à la prochaine présidentielle. «Malgré une séquence favorable marquée son meeting à la Maison de la Mutualité à Paris et plusieurs interventions médiatiques, l’ancien Premier ministre ne parvient toujours pas à se mettre au même niveau», souligne l’Ifop. «Fillon dit qu’il est au même niveau mais il a été nommé Premier ministre. Sarkozy, lui, a été élu président de l’UMP - ce que Fillon n’a pas réussi jusqu’ici à faire - et élu président de la République, ce que Fillon n’a jamais été», tempête l’un des principaux animateurs des «Amis de Nicolas Sarkozy». «Les petites phrases de l’entourage de Nicolas Sarkozy, quatre ans avant, c’est sans objet», répond le filloniste Dominique Bussereau pour qui, «de toute façon, il faudra passer par des primaires en 2016, y compris si Sarkozy veut revenir.» A l’UMP, la guerre larvée est la continuation de la politique par d’autres moyens.