La démocratie sociale de Hollande à l’épreuve de la politique

POLITIQUE Alors que les relations se tendent avec les syndicats, l’aile gauche de la majorité veut transformer la lecture de l'accord pour l'emploi en une bataille politique...

M.Go.

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François Hollande et Jean-Marc Ayrault à l'Elysée le 30 janvier 2013.
François Hollande et Jean-Marc Ayrault à l'Elysée le 30 janvier 2013. — Capture d'écran

Avec l’accord entre les partenaires sociaux signé en janvier, l’exécutif pensait avoir trouvé son eldorado, son outil magique pour faire de la France une «démocratie sociale apaisée» comme en rêve François Hollande. Mercredi, le projet de loi issu de cet accord sera présenté en Conseil des ministres. Et l’eldorado pourrait vite se transformer en enfer politique.

Depuis janvier, les relations entre les syndicats et la majorité de gauche se sont en effet particulièrement tendues. Sur fond de perspectives économiques sombres et de déclarations fracassantes de Manuel Valls «sceptique sur la loi d’amnistie sociale», les syndicalistes ont défilé, mardi, contre cette loi pour l’emploi.

Matignon veut un vote «en cohérence» avec le projet de Hollande

Avant le départ, quelques parlementaires socialistes de l’aile gauche, Marie-Noëlle Lienemann, le hamoniste Pascal Cherki ou encore Jérôme Guedj. «A un moment compliqué économiquement où la majorité s’interroge sur le cap à suivre, il est important que les parlementaires mais aussi les militants ne restent pas sans rien dire», explique Emmanuel Maurel, leader du mouvement «Maintenant la gauche», adversaire malheureux de Harlem Désir pour le poste de Premier secrétaire et lui aussi présent au début de la manifestation.

L’examen du texte devrait débuter début avril à l’Assemblée. L’aile gauche du groupe PS prévoit déjà de déposer une dizaine d’amendements. Par exemple sur les points qui, selon eux, «simplifient les procédures de licenciements» ou  pour essayer de renforcer la taxation des contrats en intérim. Et tant pis si Matignon aimerait que les députés de la majorité, afin d’être en «cohérence» avec le projet de François Hollande, ne modifient qu’à la marge ce texte «en précisant quelques points juridiques». «Mais c’est un texte très politique et beaucoup de députés ont très envie de le modifier et de jouer pleinement leur rôle de parlementaires», explique Maurel qui espère être rejoint par d’autres hamonistes.