Diesel: La majorité à la recherche d'une solution

M.Go.

— 

Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et du Logement
Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et du Logement — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Il y a donc un souci avec le diesel en France. Depuis dimanche, les ministres ne cessent de le répéter. «Il y a un vrai problème de santé publique sur le diesel. Les véhicules anciens, qui représentent 27% du parc automobile, sont ceux qui émettent le plus de particules», a lancé Delphine Batho dans les colonnes du Parisien-Aujourd’hui en France.

Les écolos au soutien
 
Batho a reçu le soutien de tout le camp écologiste de la majorité. «Est-ce que oui ou non il y a un problème de santé publique? La réponse est oui, et les principales victimes sont les petits enfants avec l'aggravation des maladies respiratoires et les personnes âgées», a déclaré Cécile Duflot, ministre du Logement sur France Inter. «Est-ce qu'on peut tolérer cette situation? La réponse est clairement non. Il faut être lucide, clair et courageux pour s'attaquer à ce problème de santé publique: on n'a plus le droit de cacher la réalité.»
 
Evoquant «44.000 morts chaque année», du fait des particules fines, le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé a été un peu plus loin en s’inquiétant lundi matin pour la «responsabilité pénale» du gouvernement. «Comme on le sait maintenant scientifiquement, que la Cour des comptes le dit aussi, à un moment il y aura des procès, des class actions, vous verrez, dans quelques années, en disant: les pouvoirs publics le savaient», a-t-il lâché.
 
Quelles solutions?
 
Mais alors comment diminuer l’utilisation du diesel que la France importe (pour 30 milliards d’euros par an) sans nuire à l’industrie française. «Je ne veux pas d'une prime qui garnisse les carnets de commande de constructeurs qui ne sont pas français. Il faut trouver une formule qui n'attaque pas le Made in France car nous sommes les meilleurs en diesel», a détaillé sur Europe 1  Arnaud Montebourg, préférant une prime de «reconversion». «Plutôt que de pénaliser l'automobiliste ou le constructeur et ceux qui utilisent des (véhicules) diesel pour leur métier, je préfère inciter à la conversion. Nous ne voulons pas pénaliser le pouvoir d'achat des classes moyennes et populaires».
 
Delphine Batho ne serait pas contre cette solution alors que certains écologistes pencheraient pour une taxation encore accrue du diesel à la pompe. Prime à la casse, taxe du carburant, prime de reconversion…  Matignon n’écarte aucune solution évoque des «pistes de travail» sans donner une date pour une éventuelle décision. Ce qui fait déjà craindre une cacophonie à la tête de l’Etat. «Le gouvernement cherche encore un peu ce qu’il doit faire. J’attends de Jean-Marc Ayrault qu’il recadre tel ou tel ministre», a prévenu le premier secrétaire du PS Harlem Désir sur France info avant rappeler que le but  du gouvernement est de «concilier santé, écologie et emploi» et faire la France la « pionnière de la transition écologique».