Marine Le Pen: Objectif municipales

Alexandre Sulzer

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Marine Le Pen et Gilbert Collard lors de la conférence de presse du parti politique d'extrême droite RBM (Rassemblement Bleu Marine) le 4 décembre 2012 à Paris.
Marine Le Pen et Gilbert Collard lors de la conférence de presse du parti politique d'extrême droite RBM (Rassemblement Bleu Marine) le 4 décembre 2012 à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Une popularité qui lui fait pousser des ailes. Selon un sondage Ifop pour le JDD, Marine Le Pen arrive en deuxième place au palmarès des femmes politiques (derrière Christine Lagarde) avec 31% d’opinions favorables. Or, c’est bel et bien sur sa crédibilité que la présidente du FN veut marquer des points aux prochaines élections locales, comme elle le confiait vendredi au Figaro: «notre parti s'est redressé et enraciné. Son image s'est améliorée, comme le confirment plusieurs enquêtes d'opinion. Nos idées progressent. C'est dire notre potentiel aux municipales.»

«Selon nos estimations, à la présidentielle, je suis arrivée en tête dans 6.286 communes et en deuxième position dans 12.120 autres communes», poursuivait-elle. Mais derrière les fanfaronnades, le FN, qui tenait ce week-end son conseil national, se garde de préciser le nombre de collectivités qu’il entend bel et bien conquérir. Seul l’objectif de dépasser trois communes – le record historique en 1995 (Marignane, Orange et Toulon) – est reconnu. Pourtant selon l’Ifop, plus de 70 communes de plus de 4.000 habitants présentent «des potentialités» pour le FN car le parti y a dépassé les 40% au second tour des législatives de 2012. Dans 17 d’entre elles, le parti a même atteint ou dépassé 50% (avec un record de 72% aux Saintes-Maries-de-la-Mer).

Les villes de 20.000 à 40.000 habitants dans le viseur

Mais ce sont les communes les plus peuplées dans cette liste qui auraient un impact politique majeur et que vise prioritairement le FN. Parmi elles: Tarascon (Bouches-du-Rhône), Carpentras  (Vaucluse) ou encore l’inévitable Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). «Nos villes cibles ont entre 20.000 et 40.000 habitants», confie à 20 Minutes Nicolas Bay, secrétaire général adjoint du FN, en charge des municipales.

Mais partir à la conquête des exécutifs municipaux n’est pas le seul but de guerre du FN. Avoir des élus, même de simples conseillers municipaux d'opposition, permet d’avoir ses frais de campagne remboursés dans les communes de plus de 9.000 habitants. «Nous visons un maillage local dans tous les départements pour un ancrage durable», poursuit Nicolas Bay. 270 candidats ont d’ores et déjà été investis.

Quant à la stratégie de campagne, au-delà des spécificités locales, les grands axes stratégiques ont déjà été définis: matraquage sur l’insécurité, sur la hausse de la fiscalité locale, le rejet du «communautarisme», le développement des services publics et la dénonciation du «saupoudrage» des subventions aux associations.