Les Amis de Nicolas Sarkozy ne pensent pas vraiment à son retour

REPORTAGE L'association des Amis de Nicolas Sarkozy se réunissait pour la première fois ce mercredi à Paris...

Anne-Laëtitia Béraud

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Christian Estrosi, Nadine Morano et Brice Hortefeux (à la tribune), le 20 février à la maison de la Chimie à Paris.
Christian Estrosi, Nadine Morano et Brice Hortefeux (à la tribune), le 20 février à la maison de la Chimie à Paris. — WITT/SIPA

«Notre ambition n’est pas d’être un parti politique, ni d’être une amicale. Ce n’est même pas d’être les gardiens de la flamme, même si, à l’évidence, nous l'entretenons», avertit Brice Hortefeux dans son discours de clôture de l’association des Amis de Nicolas Sarkozy, ce mercredi à la maison de la Chimie à Paris. 

En cette fin d’après-midi, l’ami de trente ans et ancien ministre de Nicolas Sarkozy clôt les interventions du tout-UMP qui s’est succédé à la tribune toute la journée: «Il pense à vous, et il ne vous oublie pas.» Applaudissements, émotion pour certains de ces indéfectibles. Mais point de nostalgie ce mercredi, affirme-t-on chez ces militants. «Nous ne sommes pas là dans la nostalgie, mais pour apprécier ce qui a été fait», souligne Bernard Mahou, 77 ans, militant UMP à Le Pecq-Le Vesinet, dans les Yvelines.

«Pour demain, il y a des gens très biens»

«L’action de Nicolas Sarkozy n’a pas été assez valorisée», continue le septuagénaire. La faute à qui? «95% des journalistes ne l’ont pas valorisé, car ils sont tous à gauche. Qui se souvient de son action en Géorgie? Pas grand-monde… Par contre, dans chaque débat, il y en avait un pour rappeler le Fouquet’s», lâche-t-il.

Mais si Nicolas Sarkozy est dans les cœurs de ces militants, le futur de la droite ne s’inscrira pas forcément avec lui. «Il serait le meilleur aujourd’hui pour nous sortir de la crise. Mais en 2017, comment prévoir? Ce seront les événements qui choisiront. Le meilleur s’imposera de fait», souligne Bernard Mahou.

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«Nicolas Sarkozy a marqué l’histoire», pose Hélène D., 64 ans, qui vit à Paris. «Mais je ne crois pas qu’il reviendra. C’est son entourage, qui l’a connu, qui fera vivre son héritage. Et pour demain, il y a des gens très biens à l’UMP, comme Bruno Le Maire et François Baroin,», ajoute cette petite dame.

«Ceux qui critiquent pour éliminer, ce seront eux qui seront éliminés»

Le futur à l’UMP s’écrira, aussi, en regardant son passé. N.T Tam Nguyen, consultant de 74 ans à Paris, lâche alors le mot tabou des neuf derniers mois à droite: «Le droit d’inventaire». «Des critiques il en faut, mais il faut rester constructif. Car il y a aussi la critique pour éliminer, qui existe aujourd’hui, et ça c’est autre chose.» N’y aurait-il donc pas que des amis chez les Amis de Nicolas Sarkozy? «Ceux qui critiquent pour éliminer, ce seront eux qui seront éliminés», tranche ce membre de l’Union des Vietnamiens Républicains.

Bernard Mahou est lui aussi pour cet inventaire, même s’il pourrait ouvrir la boîte de Pandore à droite: «Le droit d’inventaire du quinquennat de Sarkozy, je ne suis pas contre. Je trouverais même ça plutôt sain. On n’est pas obligé de rentrer dans la polémique, mais dire que l’on a commis des erreurs, de les lister pour avancer, ce serait pas mal.»

Quant à Geoffroy Didier, l’animateur du courant Droite forte à l’UMP, il veut rester dans la nuance. «Moi qui suis très sarkozyste, je  ne vous dirai pas que je souhaite absolument le retour de Nicolas Sarkozy, car tout est une question de devoir, de circonstance. Qui connaît aujourd’hui les circonstances politiques de 2016-2017? Personne ne le sait, pas même Nicolas Sarkozy.»