L'UDI prête à voter une réforme constitutionnelle sans le droit de vote des étrangers

POLITIQUE Le parti centriste tend la main au gouvernement...

avec AFP

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Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, a exprimé mardi "ses grandes réserves" sur la révision constitutionnelle envisagée par le gouvernement, prenant le contre-pied de son secrétaire général, Jean-Christophe Lagarde, selon qui le parti aurait été prêt à voter la réforme, sans le droit de vote des étrangers.
Le président de l'UDI, Jean-Louis Borloo, a exprimé mardi "ses grandes réserves" sur la révision constitutionnelle envisagée par le gouvernement, prenant le contre-pied de son secrétaire général, Jean-Christophe Lagarde, selon qui le parti aurait été prêt à voter la réforme, sans le droit de vote des étrangers. — Bertrand Guay AFP

Le secrétaire général de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a affirmé mardi que le parti de Jean-Louis Borloo était prêt à voter une réforme constitutionnelle pour faire «progresser les institutions», mais sans la disposition concernant «le droit de vote des étrangers». Cette déclaration intervient alors que Le Figaro a annoncé que la réforme n'aurait pas la majorité au Parlement.

«Pour nous, à l'UDI, nous serions prêts à jouer le rôle d'une opposition constructive pour faire progresser nos institutions», a-t-il affirmé à l'AFP. «Le seul sujet de désaccord réel concerne le droit de vote des étrangers, pour lequel le chef de l'Etat aurait, s'il voulait réellement tenir sa promesse électorale, la possibilité de convoquer les Français par référendum», a-t-il ajouté.

Selon le porte-parole du PS, David Assouline, il ne manquerait que «quelques dizaines» de voix de parlementaires pour obtenir une majorité pour le vote de la réforme. Or les députés et sénateurs UDI représentent une soixantaine de parlementaires.

Etonnement des centristes

«Je suis étonné, pour ne pas dire indigné, que le gouvernement et la majorité osent prétendre que l'UDI serait a priori hostile à une réforme constitutionnelle alors que nous y sommes ouverts, y compris sur une certain nombre de points avancés par la commission Jospin et le chef de l'Etat», a déclaré à l'AFP le porte-parole du groupe UDI à l'Assemblée.

«Parmi ceux-ci, l'évolution de la composition du Conseil constitutionnel, la suppression de la Haute cour de justice, les langues régionales, le statut pénal du chef de l'Etat, les nominations au Conseil supérieur de la magistrature, qui pourraient parfaitement faire l'objet d'un vote républicain», a-t-il expliqué, en précisant que le groupe UDI aurait «pour sa part d'autres évolutions constitutionnelles à proposer».

L'exemple de 2008

«Parce qu'elle renonce à tenir un de ses engagements une fois encore, la majorité semble jeter le bébé avec l'eau du bain et n'a même pas le courage de proposer le reste des réformes en déposant un projet de loi de réforme constitutionnelle sur les points qui pourraient faire accord», a-t-il dénoncé.

Pour le député de Seine-Saint-Denis, «cette manoeuvre traduit sans doute une réelle division au sein de la majorité sur ces sujets».

«Nous nous souvenons pourtant que le prédécesseur de M. Hollande avait convoqué le congrès du Parlement, alors même qu'il n'était pas certain d'obtenir une majorité des 3/5èmes, finalement acquise en 2008 à deux voix près», a-t-il rappelé.