Un colloque à la gloire de Nicolas Sarkozy, ça sert à quoi?

Alexandre Sulzer

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Des amis de Nicolas Sarkozy avaient organisé un meeting à la Maison de la chimie, à  Paris, le 20 février 2013.
Des amis de Nicolas Sarkozy avaient organisé un meeting à la Maison de la chimie, à Paris, le 20 février 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Les mêmes VIP en ordre de bataille, les mêmes bénévoles à la logistique, les mêmes journalistes: le colloque organisé ce mercredi matin à la Maison de la chimie à Paris par l’association des amis de Nicolas Sarkozy sur la place de la France dans le monde durant son quinquennat avait un furieux air de campagne présidentielle. Mais attention, «ce n’est pas un meeting», prévient Didier Geoffroy, l’un des animateurs de la Droite forte et bras droit de Brice Hortefeux, le président de l’association des amis. «Il s’agit plutôt une rencontre sur le fond.»

Le fond, justement, est décliné en «tables rondes» sur l’action diplomatique de l’ancien président de la République. Libération des infirmières bulgares, dossier géorgien, guerre en Côté d’Ivoire, en Libye, libération d’Ingrid Betancourt (invitée surprise du colloque) ou de Gilad Shalit: le ton général est donné dès la vidéo d’introduction. La journée sera hagiographique ou ne sera pas. «Tout cela n’est pas très problématisé», ironise un député.

Réhabiliter le bilan pierre par pierre

«L’objectif de la journée est de réhabiliter le bilan de Nicolas Sarkozy aux yeux de l’opinion publique», décrypte Geoffroy Didier. Mais il ne faudrait pas y voir pour autant «l’orchestration d’un retour en politique». «Si la droite veut gagner en 2017, il faut que les Français aient conscience que c’était mieux quand elle était au pouvoir. Je respecte le fait que Nicolas Sarkozy veuille rester a priori un Français parmi les Français. Mais en 2013, nous contribuons pierre par pierre à réhabiliter le bilan. Pour le reste, on verra après. Un retour de Nicolas Sarkozy dépendra des conditions, du devoir et de l’envie.»

Plus direct, l’autre co-animateur de la Droite forte, Guillaume Peltier, lâche: «Nous n’avons pas besoin d’un droit d’inventaire.» Car il constate que lorsqu’on «parle de Sarkozy, nous avons une famille unie et rassemblée». «Le grand enjeu est donc de travailler à son retour et à une alternative aux socialistes.» Et de brandir un sondage Ifop inédit selon lequel 70% des Français ont une opinion positive de la politique étrangère de l’ancien président de la République.

Des propos mal reçus

Autant dire que les propos de Jean-Pierre Raffarin faisant porter à Nicolas Sarkozy la responsabilité de son échec à la présidentielle tombaient bien mal. Brice Hortefeux a regretté que l’ancien Premier ministre «n'ait pas mis autant d'ardeur à s'investir lors de la campagne qu'il a en aujourd'hui pour la critiquer» quand Christian Estrosi a évoqué un «moment d’égarement».

Pas de quoi troubler l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Frédéric Lefebvre: «Donner des éléments aux Français pour comparer». «La question, vous la connaissez, tout le monde se la pose: qui est le plus efficace entre Hollande et Sarkozy? Hollande ne suscite certes pas la haine mais il est insuffisant. La France n’est pas près d’oublier Nicolas Sarkozy… et Nicolas Sarkozy n’est pas près d’oublier la France.»