Jean-Pierre Raffarin s'en prend à Nicolas Sarkozy

M.Gr.

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Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy, le 18 mars 2011, à Paris.
Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy, le 18 mars 2011, à Paris. — C.PLATIAU / REUTERS

Voilà qui va faire désordre, à quelques heures de la deuxième réunion des amis de Nicolas Sarkozy. Dans la revue annuelle L'Etat de l'opinion, publiée par TNS Sofrès en collaboration avec le Seuil, Jean-Pierre Raffarin égratigne en effet l'ancien président de la République, comme l'indique sur son blog Françoise Fressoz, éditorialiste au Monde, mardi 19 février.

Le sénateur de la Vienne revient notamment sur la défaite du 6 mai 2012. Et estime que Nicolas Sarkozy a rendu la victoire impossible pour plusieurs raisons. D'abord, parce qu'il n'a pas osé changer de Premier ministre à l'automne 2010, ce qui lui aurait permis d'«enclencher une dynamique nouvelle».

Débat télévisé de l'entre-deux-tours

Mais l'auteur du billet rapporte également que l'exercice du pouvoir et de la campagne de Nicolas Sarkozy ont été trop solitaires. «Les comités de campagne étaient un salon convivial où le chef exposait sa stratégie et commentait ses performances», détaille en effet Jean-Pierre Raffarin, qui estime également que Nicolas Sarkozy a raté le débat télévisé de l'entre-deux-tours, faisant preuve de «peu de respect pour son adversaire, peu de considération pour ses arguments, peu de distance avec la pression, pas d'humour, pas assez de hauteur.» Pour l'ancien Premier ministre, «ce débat était un combat bien peu présidentiel».

Jean-Pierre Raffarin va même plus loin, en estimant également que l'ex-président de la République a «fait cadeau du Sénat» à la gauche par «des investitures sénatoriales absurdes, une réforme territoriale mal portée par le gouvernement, une réforme de la taxe professionnelle improvisée» et une désinvolture permanente vis-à-vis de la Haute Assemblée», poursuit le sénateur de la Vienne.

«Pour lui, c'est clair: Nicolas Sarkozy appartient au passé», conclut même l'éditorialiste sur son blog.