Lepaon (CGT): dire que droite et gauche c'est la même chose serait «idiot»

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A un mois de son Congrès, la CGT met la barre à gauche toute, construisant un front syndical contre l'accord sur l'emploi et dénonçant "l'obsession" de la compétitivité de François Hollande, à la fois pour rassembler ses troupes et manifester sa mauvaise humeur devant la proximité du gouvernement et de la CFDT.
A un mois de son Congrès, la CGT met la barre à gauche toute, construisant un front syndical contre l'accord sur l'emploi et dénonçant "l'obsession" de la compétitivité de François Hollande, à la fois pour rassembler ses troupes et manifester sa mauvaise humeur devant la proximité du gouvernement et de la CFDT. — Charly Triballeau afp.com

Le futur secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a estimé vendredi qu'il serait «idiot» de dire que la droite et la gauche serait «la même chose» et a réitéré son reproche à François Hollande, «comme Nicolas Sarkozy» d'avoir pour «obsession le coût du travail».

«Considérer que la droite et la gauche serait la même chose, forcément ce serait idiot de dire cela», a affirmé sur LCI M. Lepaon. Il était interrogé sur ses propos au Journal du dimanche selon lesquels «Hollande s'inscrit dans la suite de Sarkozy, il considère, lui aussi, que le travail est un coût qu'il faut baisser».

M. Lepaon a reprécisé que, pour lui, «François Hollande avait comme Nicolas Sarkozy une obsession qui était le coût du travail».

Préfère-t-il un gouvernement de gauche à un gouvernement de droite? «Oui, d'ailleurs nous avons participé à ce que les salariés, par leur bulletin dans l'urne, puissent mettre Nicolas Sarkozy et son équipe dehors et à mettre en place ce gouvernement».

«Nous sommes fidèles à nos engagements. Il reste maintenant que le gouvernement soit fidèle aux siens», a dit M. Lepaon qui doit succéder à Bernard Thibault au congrès de la CGT du 18 au 22 mars.

«Entre les engagements qui ont été pris et la réalité telle qu'elle est vécue par les salariés, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il y a loin de la coupe aux lèvres», a-t-il ajouté.

Selon lui, dans le traitement des dossiers sociaux comme PSA, Florange ou Goodyear, «il y a quand même plus d'écoute de la part de ce gouvernement que de la part du gouvernement précédent», mais «sur le fond la logique reste la même. On considère que le travail a un coût et que les salariés doivent accepter, sans rien dire, d'être licenciés».

C'est pour cela, a-t-il dit, que la CGT est opposée à l'accord sur l'emploi, transformé en projet de loi, qui «est néfaste». «La flexibilité on la voit, la sécurité on ne la voit pas», selon lui.