Pour Valls, il y a «plusieurs dizaines de Merah potentiels» en France

SÉCURITÉ ministre de l’Intérieur évoque dans une interview «un ennemi intérieur»...

avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, le 18 janvier 2013, à Paris.
Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, le 18 janvier 2013, à Paris. — C.PLATIAU / REUTERS

Interrogé par les lecteurs du Parisien, Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, affirme ce vendredi que «plusieurs dizaines de Merah potentiels» seraient présents en France, précisant que «tous ne passent pas à l'acte, mais il faut se prémunir».

 

«En mars 2012, Mohamed Merah a tué des soldats français parce qu'ils étaient soldats, tué des enfants et un père juifs parce qu'ils étaient juifs», explique le ministre. «Ces dernières semaines encore, nous avons démantelé des réseaux qui avaient frappé ou s'apprêtaient à le faire. Des cellules organisent même des passages d'individus sur les théâtres de guerre où l'on mène le djihad. C'est le cas autour d'une centaine de personnes, Français ou résidents qui vont en Syrie encadrés par les groupes proches d'al-Qaïda».

 

Allées et venues au Sahel ou en Somalie

Parmi ces djihadistes potentiels, «une poignée seraient allés ou revenus du Sahel ou de la Somalie».  

 

«Nous faisons face à un ennemi extérieur au Mali, nous faisons aussi face à un ennemi intérieur qui est le fruit d'un processus de radicalisation», ajoute Manuel Valls. «Il part de la petite délinquance, passe par le trafic de drogue, parfois par la prison, jusqu'à la conversion à un islamisme radical et à la haine de l'Occident.»

 

La solution? «Il faut que l'islam de France s'organise avec des imams français formés dans nos universités, qui parlent français, qui prêchent en français», et «avoir une discussion sur le financement des lieux de culte», estime Manuel Valls.

 

Interrogé sur ses ambitions politiques, le quinquagénaire, souvent comparé à Nicolas Sarkozy, a assumé: «Oui, j’ai des ambitions, sinon je ne serais pas là! Si j’ai l’occasion demain d’exercer d’autres responsabilités, je les exercerai. On verra.»