«Mariage pour tous»: La PMA omniprésente dans les débats

Matthieu Goar

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Le chef de file des députés UMP Christian Jacob, le 3 février 2013, lors des débats sur le projet de loi sur le mariage pour tous à l'Assemblée.
Le chef de file des députés UMP Christian Jacob, le 3 février 2013, lors des débats sur le projet de loi sur le mariage pour tous à l'Assemblée. — WITT/SIPA

La PMA n'en finit plus de s'inviter dans le débat sur le «mariage pour tous». Dernier épisode en date mercredi avec un article du figaro.fr qui exhume un document préparatoire de la future loi sur la famille, où la PMA semble absente. De quoi irriter une partie de la gauche, qui craint que l’exécutif n’enterre cette mesure déjà décalée à la fin de l’année.

«Un vieux document de travail qui n’est plus d’actualité», balaie un conseiller ministériel. Une nouvelle fois, ce mercredi, Bruno Le Roux calme ses troupes salle des Quatre Colonnes et répète qu’il «assumera ses responsabilités» et présentera un amendement PMA si la future loi sur la famille ne l’inclut pas. 

La droite se frotte les mains

En excluant la PMA du projet de loi sur le «mariage pour tous», le gouvernement pensait avoir déminé le terrain. L’opération a échoué. Chaque jour, la droite mitraille les ministres de questions sur ce sujet. «Il s’agit d’un prétexte de la part des députés de droite pour ne pas parler du fond et de la loi sur le mariage», estime de Corinne Narassinguin, député des Français de l’étranger. La droite ne se cache d’ailleurs pas de vouloir faire dévier le débat sur la PMA, mais aussi sur la gestation par autrui (GPA).

C’est d’ailleurs un député UMP qui a donné un exemplaire de la circulaire Taubira sur la GPA au Figaro, pourrissant des heures de débats. «Oui, c’est une stratégie. C’est une façon de faire craquer la majorité car s’ils sont d’accord sur le mariage, il y a clairement deux camps dans leur groupe sur la PMA et la GPA», explique Daniel Fasquelle, député UMP.  

Si la droite a clairement choisi de détourner les débats sur la PMA et la GPA, l’exécutif, par ses hésitations, a offert des fenêtres de tirs à l’opposition. Par exemple le week-end dernier, lorsque Jean-Marc Ayrault a recadré sa ministre de la Famille en affirmant qu’il fallait attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique avant d’envisager présenter la PMA. «Ils ne sont pas d’accord entre eux, c’est logique que ça craque», se frotte les mains un député de droite.