Le gouvernement commet un nouveau couac sur la procréation médicalement assistée

POLITIQUE Jean-Marc Ayrault et sa ministre de la Famille ne se sont pas entendus dimanche sur la PMA...

A.-L.B. avec Reuters

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Jean-Marc Ayrault à la sortie du Conseil des ministres le 3 janvier 2012.
Jean-Marc Ayrault à la sortie du Conseil des ministres le 3 janvier 2012. — WITT/SIPA

Rattrapage ce lundi du couac du week-end sur la procréation médicalement assistée (PMA), qui parasite le vote du projet de loi sur le «mariage pour tous» à l’Assemblée nationale.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, en visite au Cambodge, a déclaré lundi qu'il y aurait bien un projet de loi sur la famille incluant la PMA, examiné «avant la fin de l'année», mais après l'avis du Conseil d'éthique.

«Je crois comprendre (…), que cette perspective (est) tout à fait réaliste pour la rentrée, pour l'automne, c'est-à-dire autour du mois d'octobre», a annoncé Jean-Marc Ayrault. Le président du Comité d'étique, Jean-Claude Ameisen, a déclaré lundi sur Europe 1 qu'il rendrait son avis «dans quelques mois, sans doute à la rentrée».

Contradiction du gouvernement

Le Premier ministre est revenu sur ses déclarations de la veille, affirmant que la question de l'ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples d'homosexuelles ne serait pas forcément traitée en mars, contredisant ainsi la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, qui s’était exprimée le matin à la tribune de l’Assemblée nationale.


La PMA serait-elle donc intégrée dans le projet de loi sur la famille ou non? Réponse fluctuante, dimanche, du ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies, qui déclare d’abord : «Le problème qui reste à régler, c'est de savoir si l'ensemble du texte de la loi famille sera examiné à la fin de l'année avec la PMA ou si on différencie les deux», avant de parler ensuite d'«une seule loi».

«Cacophonie du gouvernement et de la majorité»

Réaction du patron des députés PS, Bruno Le Roux, qui prévient ce même jour que si le projet de loi gouvernemental sur la famille ne comprend pas l'ouverture de la PMA aux couples de femmes, comme promis au groupe socialiste, celui-ci «prendrait ses responsabilités». Il précise sur BFMTV que la loi sur la PMA sera «bien entendu votée», car «c'est la position du Parti socialiste depuis des années».

Lundi, Bruno Le Roux accepte le calendrier donné par Jean-Marc Ayrault qui repousse à la fin de l'année la présentation de dispositions sur la famille qui étaient initialement censées être intégrées dans le projet de loi sur la famille prévu pour le 27 mars. Sur Europe 1, le patron des députés socialistes a déclaré qu'il ne s'agissait que d'une «péripétie de calendrier».

Perspective d'octobre

Pain béni pour l’opposition, ces multiples déclarations contradictoires sur la PMA ont fait vivement réagir.  Le patron des députés UMP Christian Jacob a déploré dimanche «la cacophonie du gouvernement et de la majorité». «La garde des Sceaux refuse de répondre à nos questions, Dominique Bertinotti se fait tacler par le Premier ministre depuis Phnom Penh et Le Roux défie le Premier ministre!», a-t-il déclaré: «On ne peut pas continuer à discuter avec une majorité qui est comme un canard sans tête!», a-t-il ajouté.    

Lundi, le président UMP Jean-François Copé a indiqué que le report d’un vote sur la PMA est «une prise en compte du message de l'opposition, qui est de dire: stop». Le député de Seine-et-Marne a ajouté sur RTL: «J'espère que c'est l'ébauche de la prise en compte du message de l'opposition qui est de dire: stop, stop, arrêtons cela».