PMA: Couac au sein de la majorité

POLITIQUE Les députés PS redoutent que Matignon ne tente de désolidariser la procréation médicalement assistée du projet de loi...

Matthieu Goar

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Jean-Marc Ayrault à Paris le 18 décembre 2012.
Jean-Marc Ayrault à Paris le 18 décembre 2012. — WITT/SIPA

«C'est sûr, on se serait bien passé de cette phrase», lâche un député. Alors qu'ils ont débattu tout le week-end de la loi sur le «mariage pour tous», les parlementaires de la majorité ont appris avec stupeur les déclarations de leur Premier ministre sur la procréation médicalement assistée (PMA), que la majorité aimerait ouvrir aux couples homosexuels dans le cadre de la loi sur la famille.

La ministre chargée de la Famille avait expliqué que cette loi serait examinée à l'Assemblée nationale avant la fin 2013 mais Jean-Marc Ayrault a déclaré, selon lepoint.fr, que Dominique Bertinotti «ne peut pas dire ça, dans la mesure où elle ne connaît pas la date de réponse du Comité consultatif national d'éthique».

Déposer un amendement

Ce texte doit être présenté en Conseil des ministres le 27 mars. Cependant, Matignon commence à douter que le Comité national d'éthique donne son avis avant cette date. Et certains membres de la majorité soupçonnent déjà l'exécutif de vouloir désolidariser l'article sur la PMA de la loi sur la famille.

«Si la loi sur la famille devait arriver demain sans ce texte sur la PMA à l'intérieur, le groupe prendrait ses responsabilités», a réagi, dimanche, le président du groupe PS, Bruno Le Roux, qui évoque la possibilité de déposer un amendement. «Il y a une large majorité pour la PMA au sein du groupe. Je préfère rester sur la position optimiste de Bertinotti. En tout cas, il y a une large majorité en faveur de la PMA au sein du groupe», conclut Annick Lepetit, députée de Paris.