Le Front de Gauche lance à Metz sa «campagne contre l'austérité»

avec AFP

— 

Ces derniers mois, et au fur et à mesure de la dégradation de la situation économique et des fermetures d'usines en France, M. Mélenchon a concentré ses attaques contre l'exécutif socialiste au point que les socialistes ne considèrent plus désormais la gauche radicale comme un allié.
Ces derniers mois, et au fur et à mesure de la dégradation de la situation économique et des fermetures d'usines en France, M. Mélenchon a concentré ses attaques contre l'exécutif socialiste au point que les socialistes ne considèrent plus désormais la gauche radicale comme un allié. — Jeff Pachoud AFP

Le Front de Gauche lance mercredi à Metz une «campagne contre l'austérité» visant à démontrer que des alternatives à la politique gouvernementale sont possibles, lors d'un meeting au coeur de la Lorraine sidérurgique, avec en vedettes Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent. Démarrage fortement symbolique: ce sont des sidérurgistes du site d'Arcelor-Mittal de Florange qui ouvriront la réunion publique, qui se tient au Parc des expositions (salle d'une capacité de 1.500 personnes, selon le FG).

Le Front de gauche a invité les syndicalistes, mais seule la CGT a répondu présente. C'est le secrétaire général de la CGT de Florange, Lionel Buriello qui prendra la parole, a dit le parti, qui était interrogé par l'AFP. FO et la CFE-CGC ne souhaitent pas participer à une réunion «politique», tandis que la CFDT a dit «être concentrée» sur le dépôt, par les syndicats, d'une pétition demandant la nationalisation du site le matin même à l'Elysée. «On n'a pas cherché un lieu pouvant rassembler des gens en masse, mais plutôt un lieu symbolique, qui est le condensé de ce que l'on veut d'abord mettre en avant: l'emploi et l'industrialisation», a déclaré à l'AFP Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche (PG).

«Pas de fatalité»

Objectif: mettre le focus sur «un secteur où les salariés sont particulièrement touchés, montrer qu'il n'y a pas de fatalité et que nous pensons que la nationalisation est la meilleure solution», a renchéri Martine Billard, coprésidente du Parti de gauche, en rappelant que le FG était venu soutenir les salariés mi-décembre.

Mercredi, après les syndicats, c'est Jean-Luc Mélenchon qui prendra la parole, tandis que Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, conclura. Après avoir défilé fin septembre «contre l'austérité», puis proposé, au moment de la préparation du budget 2013, un «contre-budget», le Front de gauche entend trouver, pendant les deux ans à venir - donc d'ici les échéances électorales de 2014 - le soutien d'une majorité autour de «25 propositions alternatives».

Contre l'«orientation sociale-libérale» du gouvernement

«Augmentation du smic à 1.700 euros brut», instauration d'un salaire maximum, mise en place de «nationalisations démocratiques au service de l'intérêt général», retraite à 60 ans, blocage des loyers pendant deux ans, limitation des CDD, mesures pour «l'expansion des services publics» figurent parmi ces propositions qui reprennent des idées de la campagne présidentielle du FG.

Pour Pierre Laurent, en pleine préparation du Congrès du PCF de février, cette campagne «tombe à point nommé», au moment où se confirme, selon lui, l'«orientation de type sociale-libérale» de la politique du gouvernement. Une politique, qui ne peut, selon lui, que «nourrir la déception et préparer l'échec».

Quelles suites à cette campagne? Un autre meeting est prévu le 13 février à Rouen, non loin de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne. Le FG est aussi séduit par l'idée de mettre en place des «marches» et veut par ailleurs «redynamiser ses assemblées citoyennes». Concernant le «triste accord» sur l'emploi trouvé le 11 janvier, qui doit encore être retranscrit dans une loi, le FG entend peser en interpellant les parlementaires, par lettres et rendez-vous. «La bataille contre l'austérité est multiforme. Elle peut converger», souligne M. Coquerel, qui espère aussi des «mobilisations syndicales». Le FG relève que la CGT et FO n'ont pas signé l'accord sur l'emploi.