Prise d'otages en Algérie: Comment l'Elysée a suivi la crise

POLITIQUE Après un entretien téléphonique avec Bouteflika à 13h30, le chef de l'Etat s'est tenu informé de la situation minute par minute...

Maud Pierron

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François Hollande sur le perron de l'Elysée le 17 janvier 2013.
François Hollande sur le perron de l'Elysée le 17 janvier 2013. — B.GUAY / AFP

Depuis mercredi, date de l’attaque terroriste en Algérie sur le site où une quarantaine d’Occidentaux –dont probablement des Français– sont retenus en otage, la communication est minimale du côté de l’Elysée et du quai d’Orsay. C’est que les informations qui parviennent à l’Elysée sont très parcellaires.

«La situation est très confuse sur ce site»

«La situation est très confuse sur ce site, elle évolue heure par heure. Dès lors, toute communication pourrait apparaître presque comme dépassée par les événements», a défendu François Hollande à l’issue d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre portugais à l’Elysée. «Je fais toute confiance aux autorités algériennes pour trouver les solutions les meilleures pour mettre un terme à cette prise d'otages», a-t-il ajouté.

A ce moment-là, Alger n’avait pas encore ordonné l’assaut sur le site gazier de l’est algérien. Abdelaziz Bouteflika a probablement informé François Hollande de l’imminence de l’assaut lors de leur échange téléphonique qui s’est déroulé à 13h30. D’après un premier bilan, lui aussi très contradictoire, il y aurait entre six et 34 otages étrangers tués, ainsi qu’une quinzaine de terroristes. Un bilan lourd qui reflète une attaque très violente: d’après la presse algérienne, il y aurait eu des bombardements puis un assaut donné par les soldats algériens.

«Cela relève de l’entière souveraineté algérienne»

Le chef de l’Etat a suivi les rebondissements algériens entourés de son chef d’état-major particulier: Benoît Puga, du secrétaire général de l’Elysée, Pierre-René Lemas et de Pierre-Jean Ortiz, conseiller diplomatique de François Hollande. Ce trio lui a fait remonter des informations «par différents canaux, à la fois administratifs et diplomatiques, notamment via l’ambassade de France à Alger», explique une source diplomatique à l’Elysée, sans nier des difficultés à faire remonter l’information depuis une zone très loin de Paris, au milieu du désert.

Lors de ses voeux aux acteurs économiques, François Hollande a précisé être tenu «informé» par les autorités algériennes sur cette situation «qui semble se dénouer des dans conditions dramatiques».

Washington est «inquiète», Tokyo veut l'arrêt de l'assaut

La France a-t-elle proposé son aide ou son expertise à Alger pour gérer cette situation de crise alors qu’Alger est réputé pour ne jamais négocier avec les terroristes? Pas du tout, à en croire cette même source à l’Elysée. «Cela se passe sur le territoire algérien, cela relève donc de l’entière souveraineté algérienne. Comme tout le monde, nous souhaitons que les vies humaines, algériennes ou occidentales, soient préservées le plus possible», souligne-t-on. «Chaque Etat confronté à une attaque terroriste réagit comme il le peut», ajoute-t-on, soulignant que de toute façon, les requêtes des terroristes étaient irréalistes.

Reste que si l'Elysée ne fait aucun commentaire et insiste sur «la confiance» envers les autorités algériennes, d'autres chancelleries n'ont pas cette prudence, ni surtout les relations compliquées qu'entretiennent la France et l'Algérie. Washington, dont plusieurs ressortissants sont retenus en otages, s'est dit ce jeudi soir «inquiète» et a demandé des «éclaircissements» à Alger. Quant au Japon, également concerné par l'assaut, il demande au pouvoir algérien d'arrêter «immédiatement» l'assaut.