Pierre-Yves Bournazel (UMP): «Je suis candidat à la Mairie de Paris»

Propos recueillis par Jérôme Comin

— 

Pierre-Yves Bournazel candidat UMP à la mairie de Paris en 2014, le 15 janvier 2013.
Pierre-Yves Bournazel candidat UMP à la mairie de Paris en 2014, le 15 janvier 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

A 35 ans, l’ancien porte-parole de Françoise de Panafieu lors des dernières municipales à Paris, explique à 20 Minutes les raisons qui l’ont poussé à se présenter et ses arguments pour battre le PS à la tête de la capitale depuis 2001…

Jean-François Copé, président de l’UMP, a annoncé ce mercredi dans «L’Express» qu’il y aurait des primaires ouvertes à Paris pour les municipales de 2014. Etes-vous favorable à ce processus?

Oui car c’est le système le plus démocratique et transparent pour préparer les élections de 2014. Les primaires vont permettre d’engager un débat de fond et de faire émerger une nouvelle génération. Ainsi, je veux le dire à tous les Parisiens: je suis candidat à la Mairie de Paris.

Qu’est-ce qui vous a décidé à vous lancer dans la bataille des municipales?

C’est une décision mûrement réfléchie. Aujourd’hui, je bénéficie de dix ans d’expérience dans la capitale dont cinq en tant qu’élu. Je suis prêt, déterminé et entouré d'une équipe. Cette candidature est fondée sur la  renaissance de l’opposition. Madame Hidalgo n’est pas la candidate du renouvellement, elle est la sortante, l’héritière du système Delanoë. Je veux incarner face à cela une nouvelle énergie. J'ai la tête dans le Grand Paris et les pieds dans le 18e. J’ai cette capacité de me projeter en 2020 sur les grandes questions de l’attractivité de la capitale et c’est à ma génération de construire et préparer l’avenir de cette ville. Je veux réveiller Paris. Il n’y a pas un jour où je ne vais pas à la rencontre des Parisiens. J'ai la conviction qu’il faut un maire à temps plein, pas un maire tremplin. Il faut un candidat qui ait le souci unique de Paris et de ses habitants au-delà de toutes autres considérations.

Quel bilan dressez-vous de la mandature de Bertrand Delanoë?

Il serait injuste de dire que son équipe n’a rien fait, mais le constat est que depuis douze ans, la fracture sociale s’est aggravée à Paris. Au niveau du logement par exemple, c’est la galère pour tous: jeunes, familles, classes moyennes, précaires et personnes âgées. Madame Hidalgo et ses amis ont trop souvent cru qu’eux seuls détenaient la vérité. Ils ont eu une gestion trop dogmatique, ils se sont aveuglés sur des solutions alternatives alors que cette situation nécessite un véritable électrochoc. Comme candidat, je proposerai un électrochoc: une gouvernance au niveau du Grand Paris car la crise du logement ne se résoudra pas à la seule échelle de la capitale qui fait 105 km2. Il faudra davantage construire et mieux équilibrer les types de logements avec les équipements indispensables (crèches, écoles, espaces verts...).

Comment comptez-vous ravir la capitale à la gauche?

Il faut aller sur le terrain pour parler aux Parisiens qui nous ont quittés depuis 2001. L'élection de Madame Hidalgo n’est pas une fatalité. Je veux incarner le renouveau. L’organisation d’une primaire ouverte est notre seule chance pour reconquérir les Parisiens et ainsi tourner la page de nos divisions. Je veux d'abord rassembler la droite et le centre mais aussi au-delà de ma famille politique. Mais il faut aussi agir sur des sujets de proximité comme pour les transports: à terme, des métros fonctionnant 24h sur 24, tout en améliorant dès 2014 l'accessibilité, le confort, la sécurité et la fréquence. 

Avec Rachida Dati, qui s’est déjà positionnée, les noms de Jean-Louis Borloo, François Fillon, Chantale Jouanno ou Nathalie Kosciusko-Morizet sont évoqués pour les municipales. Craignez-vous ces candidatures qui bénéficient toutes d’une stature nationale alors que vous êtes plutôt jeune dans le paysage politique?

Chacun est libre de présenter sa candidature et les primaires permettront aux Parisiens de comparer et de juger qui est le plus à même de gagner face à Madame Hidalgo. Une chose est sûre: on a besoin de porter un message de renouvellement. L’âge n’est pas un critère, ce qui compte, c’est la détermination: Laurent Fabius a été Premier ministre à 37 ans, Mark Zuckerberg a créé Facebook à 21 ans. A Londres, quand Boris Johnson (Conservateur) s’est présenté, personne dans son camp ne croyait en ses chances car c’était un inconnu. Et pourtant, c’est lui qui a battu en 2008 le Travailliste Ken Livingstone, qui sortait de deux mandats successifs.