Mali: des inquiétudes se font jour dans l'opposition sur la «solitude» de la France

POLITIQUE Au sixième jour de l'intervention française au Mali, certaines personnalités de l'opposition se demandent où sont les alliés de la France...

avec AFP

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Des inquiétudes sur la "solitude" de la France au Mali, où elle a lancé vendredi une opération militaire anti-islamistes, se font jour dans l'opposition, même si l'"union nationale" reste de mise dans ce dossier qui domine l'agenda politique mercredi.
Des inquiétudes sur la "solitude" de la France au Mali, où elle a lancé vendredi une opération militaire anti-islamistes, se font jour dans l'opposition, même si l'"union nationale" reste de mise dans ce dossier qui domine l'agenda politique mercredi. — Bertrand Guay afp.com

Des inquiétudes sur la «solitude» de la France au Mali, où elle a lancé vendredi une opération militaire anti-islamistes, se font jour dans l'opposition, même si l'«union nationale» reste de mise dans ce dossier qui domine l'agenda politique mercredi. Tout juste revenu des Emirats, François Hollande présidait dans la matinée un nouveau Conseil de défense à l'Elysée, après un conseil des ministres exceptionnellement avancé à 9h. Dans l'après-midi, Jean-Marc Ayrault devait, à l'Assemblée , répondre aux députés sur l'engagement français. Idem pour le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, au Sénat. Ce débat sans vote avait été annoncé lundi soir à l'issue d'une rencontre entre le Premier ministre et les principaux responsables du Parlement, première étape de la saisine des parlementaires promise par François Hollande vendredi, au premier jour de l'intervention.

Décrétée d'emblée, «l'union sacrée» autour du chef de l'Etat a été à nouveau proclamée mercredi par l'opposition, mais avec quelques nuances. «Lorsque des soldats sont engagés, des Français exposés, des otages menacés, l'union nationale doit prévaloir», a assuré le président de l'UMP Jean-François Copé. Mais «il y a une inquiétude forte: la solitude de la France dans cette opération», a-t-il ajouté. 

Rares voix discordantes

Vice-président du principal parti d'opposition, Laurent Wauquiez a relevé: «on va avoir très rapidement plus d'hommes engagés au sol que ce que nous avions en Afghanistan. Sauf qu'en Afghanistan, nous n'étions pas seuls». Saluant «la détermination et la rapidité» de décision, de François Hollande qui a permis un «coup d'arrêt» à l'avancée des islamistes sur Bamako, le président du MoDem, François Bayrou, a déploré l'absence de l'Union européenne. A quand «une Europe de la volonté ?» a-t-il demandé.

Mais seules quelques voix - Jean-Luc Mélenchon (PG), Dominique de Villepin (RS) - ont déploré l'initiative française. Alors que le député EELV Noël Mamère avait dénoncé une «propagande» va-t-en guerre, son collègue François de Rugy a signifié «le soutien» des Verts, qui, à sa place, auraient agi comme François Hollande.

Après le conseil de défense de la matinée, le quatrième depuis le début de l'intervention vendredi, les principaux ministres concernés avaient rendez-vous avec les parlementaires à partir de la mi-journée.

Auditions de Fabius et Le Drian par le Parlement

A 13h, Laurent Fabius devait être auditionné à huis clos par les commissions des Affaires étrangères et de la Défense de l'Assemblée. Même exercice devant les commissions du Sénat pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. «On est en situation tout à fait positive par rapport à la semaine dernière, mais le combat continue et ce sera long», a déclaré ce dernier mercredi matin. «Le but, c'est de faire en sorte que le Mali retrouve sa souveraineté sur l'ensemble de son territoire». Il a confirmé qu'après une vague de frappes aériennes, la France avait engagé mardi pour la première fois des troupes au sol pour reprendre Diabali (400 km au nord de Bamako) tombée lundi aux mains des islamistes.

Mi-mars 2011, lorsque la France avait décidé d'engager des troupes en Libye, le gouvernement de François Fillon avait défendu sa position lors d'un débat, sans vote, au Parlement, dans une ambiance quasi consensuelle.

Les trois quarts des Français (75%) sont favorables à l'intervention au Mali, selon un sondage BVA. Ils étaient 63% à approuver les opérations, selon un sondage Ifop lundi. Selon CSA cependant, près des deux tiers (64%) des Français jugent que cette intervention aura pour effet «d'augmenter la menace terroriste en France».