Anne Hidalgo: « Les Parisiens n'attendent pas le candidat providentiel »

MUNICIPALES La première adjointe au maire détaille les principaux axes de sa campagne en 2013 pour succéder à Bertrand Delanoë...

Propos recueillis par Jérôme Comin

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Anne Hidalgo, le 8 janvier 2013, à Paris.
Anne Hidalgo, le 8 janvier 2013, à Paris. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Après avoir annoncé sa candidature aux municipales en septembre, l'actuelle adjointe PS au maire de Paris attaque une année décisive.

Comment se déroule votre campagne?

Plutôt bien. Oser Paris rassemble déjà 1.200 adhérents et dans les prochains jours, les groupes de travail vont se réunir dans les arrondissements pour débattre des premières propositions. Après mars, nous irons les présenter aux Parisiens. Il y a un large rassemblement derrière ma candidature avec le soutien de très nombreux élus socialistes, du premier secrétaire du PS parisien Rémi Féraud mais aussi de personnalités comme Caroline Mecary (EELV) ou Pierre Mansat (PCF). Pour cette élection, il est important d’avoir un fort soutien des Parisiens mais aussi de ma famille politique.

L’idée d’une primaire ouverte ne semble pas avoir convaincu vos partenaires à gauche, cette proposition est-elle écartée?

Nous sommes toujours partants. Après, il est vrai qu’il semble y avoir des divergences chez les Verts. Quant au Front de Gauche, on devrait en savoir plus au mois de juin. Une chose est sûre: il faudra qu’on se décide avant l’été car nous devons avoir un candidat désigné en juin. En débutant cette campagne assez tôt, j’ai pris de l’avance sur la droite et je veux la conserver pour gagner.

Quels seront les principaux thèmes qui vont rythmer cette campagne?

Tout d’abord le logement. On a besoin d’inventer des formules pour rendre les loyers accessibles aux jeunes actifs et aux classes moyennes, par exemple, et je ferai aussi mienne l’obligation de 25% de logements sociaux. Cela ne peut se résoudre qu’à l’échelle du Grand Paris. L’emploi sera aussi très présent dans ma campagne même si l’économie résiste plutôtmieux à la crise dans la capitale, en raison d’un fort investissement public. Nous souhaitons ainsi mettre l’accent sur l’économie sociale et solidaire et accompagner les start-ups pour les amener à se transformer en PME. Enfin, le volet environnemental reste très important. Il faut aller plus loin en partant, par exemple, à la reconquête de la Petite Ceinture qui est un véritable poumon vert pour la ville ou exploiter les 6 hectares de l’héliport (15e) qui sont une anomalie urbaine. Et puis il ne faut pas hésiter à diminuer la vitesse dans Paris, notamment à proximité des lieux où se trouvent nosenfants. Mais ces mesures doivent aussi être accompagnées d’alternatives performantes à la voiture.

N’avez-vous pas l’impression d’être partie en campagne trop tôt, au risque de connaître une forme d’usure?

Pas du tout. J’ai toujours fait des campagnes longues, comme en 2001 avec Bertrand Delanoë où on s’était lancé dans la bataille dès 1999. Une élection, ça nécessite du temps pour confronter des idées, écouter, discuter, proposer. Un projet pour Paris, ça ne se rédige pas sur un coin de table entre quatre personnes. Et puis, je suis plutôt une coureuse de fond…

Alors que certains de vos rivaux considèrent que vous êtes la « dauphine » de Delanoë, craignez-vous de pâtir de cette étiquette?

Tout d’abord, je ne suis pas dans un processus de succession. Nous sommes dans une démocratie et c’est à moi de convaincre les électeurs. Je ne pense pas que ma proximité avec l’actuel maire de Paris soit un handicap. Je bénéficie ainsi d’une expérience et d’un bilan, que j’assume, et qui est positif. Et puis, les Parisiens apprécient qu’il n’y ait pas de divisions de notre côté, contrairement à ce qui se passe à droite.

Alors que les noms de Chantal Jouanno, Rachida Dati, Jean-Louis Borloo ou François Fillon sont régulièrement cités, redoutez-vous une candidature en particulier?

Non et je ne me pose pas cette question. Les Parisiens n’attendent pas l’homme ou la femme providentielle et il ne suffit pas d’arriver avec une image «bobo-écolo» pour être «parisiano-compatible». Il faut le prouver sur le terrain pour les séduire. Et que cherchent des gens comme Borloo ou Fillon? Un tremplin pour la présidentielle de 2017? Je ne suis pas convaincue que cela plaît aux Parisiens.