Tapie rachète La Provence: Marseille dans l'expectative

POLITIQUE Le retour de l'icône des supporters de l'OM intrigue...

© 2012 AFP
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Bernard Tapie, en mettant la main mercredi sur les titres du sud du Groupe Hersant Médias (GHM), amorce un retour à Marseille, où l'attendent des salariés inquiets et une classe politique sur ses gardes.
Bernard Tapie, en mettant la main mercredi sur les titres du sud du Groupe Hersant Médias (GHM), amorce un retour à Marseille, où l'attendent des salariés inquiets et une classe politique sur ses gardes. — Valéry Hache afp.com

Bernard Tapie, en mettant la main mercredi sur les titres du sud du Groupe Hersant Médias (GHM), amorce un retour à Marseille, où l'attendent des salariés inquiets et une classe politique sur ses gardes.


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L'offre de l'homme d'affaires, allié à la famille Hersant, a été retenue mercredi par les banques créancières du groupe. Dès jeudi, il s'est rendu au siège de Nice-Matin et était attendu dans l'après-midi à La Provence à Marseille, où il devait rencontrer les directions en compagnie de Philippe Hersant.

A Nice, Bernard Tapie est arrivé vers 12h00, dans une voiture aux vitres fumées qui s'est engouffrée immédiatement dans le parking, a constaté l'AFP. A la rédaction de la Provence, on espérait qu'une rencontre ait lieu avec les journalistes à cette occasion.

La rédaction inquiète

Parmi les reporters, dont certains ont parfois d'ailleurs eu maille à partir avec l'ancien président de l'OM dans les années 90, on évoquait une «grosse inquiétude». «La rédaction est abattue, triste et très en colère», relevait une autre source jeudi matin.

La Société des journalistes, nouvellement créée, avait, en prévision de l'arrivée d'un repreneur, rédigé une charte qui sera soumise au nouvel actionnaire jeudi ou vendredi, quand la rédaction (queque 200 personnes) l'aura signée, et qui «reprend les grands principes déontologiques de toutes les rédactions».

«On est toujours inquiet face à tout nouvel actionnaire; on attend de voir le projet de Bernard Tapie», disait un journaliste. «C'est clair que des confrères vont faire valoir la clause de cession», ajoutait un autre.

Gaudin circonspect

Si Tapie devait se présenter à l'élection municipale de 2014, ce sera «l'enfer», disait encore un autre. Dans une lettre adressée au conciliateur chargé de la reprise de GHM, et dont Libération révèle des extraits jeudi, l'homme d'affaires fait une promesse: «Je me suis engagé à l'égard de Philippe Hersant à ne pas postuler à quelque mandat que ce soit».

Ce à quoi il ajoute cependant: «A défaut, un processus de cession de la totalité de mes actions sera organisé», écrit-il, précisant même que «le produit de cette vente (serait) alloué une association caritative de (son) choix».

A Marseille, l'ancien ministre de la Ville (1992-1993), élu député en 1989 sous les couleurs de la gauche, est de fait attendu de pied ferme par la classe politique locale.

Guérini salue un «choix courageux»

Sur son blog, le député (PS) Patrick Mennucci, l'un des prétendants déclarés à la mairie marseillaise, s'est dit jeudi persuadé que «Tapie ne cache (désormais, ndlr) plus sa stratégie: reprendre pied à Marseille et se replacer au centre du jeu, puis en profiter pour se lancer dans des manœuvres électorales».

Pour le maire (UMP) Jean-Claude Gaudin, c'est une «bonne chose» pour «la liberté de la presse». Quant aux ambitions électorales présumées de M. Tapie, «vous savez, en politique, quand on dit "jamais", ça veut dire "pas pour l'instant", alors je m'attends à tout», a ajouté l'élu, qui ne s'est pas encore prononcé sur sa candidature à un quatrième mandat.

Le président (PS) du conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini, a évoqué sur son blog un «choix courageux» à propos de l'entrée de l'homme d'affaires dans ces journaux. Jean-Noël Guérini, qui s'était intéressé lui aussi à un rachat éventuel du quotidien régional, affirme que les équipes «qui vont faire vivre La Provence (...) auront tout à gagner en donnant une réelle place à la pluralité».

Les Verts ont eux estimé, par la voix de leur porte-parole régional Sébastien Barles, que Marseille n'avait pas besoin «d'un multirécidiviste condamné à plusieurs reprises pour abus de biens sociaux, faux et usage de faux, abus de confiance, fraude fiscale...»

«Cette nouvelle nous rapproche un peu plus de l'Italie berlusconiste où affairisme, contrôle de la presse, ambition personnelle et argent-roi se mélangent dans un cocktail mettant en péril notre démocratie», ajoute-t-il.

Jeudi matin, la une du quotidien régional, qui dans ses colonnes n'évoquait pas du tout ce rachat, titrait: «A demain... Après la fin du monde».