Des agriculteurs auditionnés après avoir envoyé des miettes de pain à l'Elysée

POLITIQUE Ils voulaient faire part à François Hollande de leurs conditions de vie difficiles...

Corentin Chauvel

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François Hollande, le 7 octobre 2012 à l'Elysée.
François Hollande, le 7 octobre 2012 à l'Elysée. — CHAMUSSY/SIPA

Une plainte pour des miettes de pain? Selon France 3 Picadie, l’Elysée aurait déposé plainte contre des agriculteurs retraités de l’Aisne qui avaient envoyé à François Hollande des courriers remplis de miettes de pain. Mais la présidence de la République a démenti lundi soir.

Lors de la dernière élection présidentielle, l’association de ces anciens exploitants avait écrit aux différents candidats, dont François Hollande, afin de leur faire part de leurs conditions de vie difficiles. Le futur chef de l’Etat leur avait répondu, visiblement sans donner suite.

«Il ne reste que les miettes pour les retraités»

«C'était pour se rappeler à son bon souvenir, que début novembre l'association départementale des anciens exploitants agricoles de l'Aisne avec le feu vert de leur délégation nationale a décidé d'envoyer 500 lettres au président de la République», a indiqué à France 3 Picardie Henri Carton, président de section des anciens exploitants agricoles de l'Aisne. «L'idée des miettes, c'est pour dire que lorsque le gâteau est partagé, il ne reste que les miettes pour les retraités», a-t-il ajouté.


Résultat: enquête du parquet de Paris pour offense au chef de l’Etat – un délit puni par la loi, convocation devant le commissariat et «visite d'agents des Renseignements généraux, avec présentation des photocopies des lettres délictueuses», selon France 3 Picardie.

Lundi soir, l’Elysée a formellement démenti avoir déposé plainte. «A la suite de cet envoi, le procureur de la République de Paris a souhaité entendre les explications et motivations des personnes concernées en les faisant auditionner», a justifié la présidence de la République dans un communiqué. «Le courrier adressé au Président ne présente aucun caractère offensant et ne fait qu'exprimer l'inquiétude de ses auteurs sur la question des retraites agricoles», a ajouté l’Elysée.