Trois élections législatives partielles à risque pour le PS et l'UMP

POLITIQUE Le taux d'abstention devrait être très élevé...

avec AFP

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Patrick Devedjian à Boulogne-Billancourt le 18 octobre 2012.
Patrick Devedjian à Boulogne-Billancourt le 18 octobre 2012. — WITT/SIPA

Les bureaux ont ouvert dimanche matin dans trois circonscriptions, de l'Hérault, des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne, où les élections législatives de juin ont été annulées, et deux de ces scrutins s'avèrent risqués pour le PS et l'UMP.

Pour ce premier test électoral depuis la victoire de la gauche en mai et juin, les socialistes risquent de pâtir de l'impopularité de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, sur fond de déprime économique et sociale, tandis que l'UMP, confrontée aux appétits du Front national, craint de payer les pots cassés de ses déchirements internes. Comme dans toutes les élections partielles, l'abstention s'annonce élevée.

Devedjian au-delà des divisions internes de l'UMP

Dans la 13e circonscription des Hauts-de-Seine (Antony, Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry et Sceaux), Patrick Devedjian, président du conseil général et ancien ministre, ne l'avait emporté qu'avec 200 voix d'avance sur son concurrent chevénementiste Julien Landfried, soutenu par le PS. Le Conseil constitutionnel a annulé le scrutin car son suppléant était aussi celui d'un sénateur, ce qui est interdit.

Durant sa campagne, Patrick Devedjian, filloniste, a voulu dépasser les divisions internes à l'UMP en faisant participer à un meeting de soutien à la fois Christian Jacob, proche de Jean-François Copé, et Valérie Pécresse, soutien de François Fillon. Julien Landfried retente sa chance, avec cette fois le soutien d'EELV et en concurrence avec six autres candidats, dont ceux du Front de gauche et du FN.

A l'autre bout de l'agglomération parisienne, dans la 1ère circonscription du Val-de-Marne, la compétition s'annonce moins serrée pour le maire de Saint-Maur Henri Plagnol, qui appartient à l'UDI de Jean-Louis Borloo, et dont l'élection a été annulée pour la même raison que celle de Patrick Devedjian. Henri Plagnol l'avait largement emporté il y a cinq mois sur son challenger PS, Akli Mellouli, qui se présente à nouveau, ainsi que sept autres candidats.

Procurations irrégulières dans l'Hérault

Les incertitudes sont les plus grandes à Béziers, 6ème circonscription de l'Hérault, où la socialiste Dolorès Roqué, vainqueur en juin avec dix voix d'avance sur l'UMP Elie Aboud, est en danger, après avoir vu son élection annulée pour 23 procurations irrégulières.

Elie Aboud espère prendre sa revanche, mais France Jamet, pour le Front national, va tenter de figurer au second tour, comme l'avait fait en juin son compagnon, Guillaume Vouzelaud. La présidente du Front national, Marine Le Pen, s'est déclarée samedi «convaincue que France Jamet peut arriver devant le candidat de l'UMP». «J'ai presque envie de dire aux électeurs patriotes» que «s'ils pouvaient envoyer France Jamet à l'Assemblée nationale, ça atténuerait le scandale de la décision du Conseil constitutionnel», qui a rejeté vendredi son recours contre l'élection législative d'Hénin-Beaumont, a-t-elle ajouté.

«Dans les Hauts-de-Seine, on a une chance, dans le Val-de-Marne, pas du tout, et dans l'Hérault, tout est possible», résume un responsable socialiste, tandis qu'à l'UMP, la discrétion affichée par les belligérants ces derniers jours s'explique largement par la proximité de ces scrutins. Selon le politologue Emmanuel Rivière (TNS Sofres), ces consultations seront «d'abord un test pour la politique» car «le climat actuel est plutôt au renforcement du sentiment que, décidément, les politiques sont indécrottables». Dès lors, redoute-t-il, «le principal mécanisme de défense risque d'être une très forte abstention». Dans un tel contexte, «40% de participation serait un niveau satisfaisant».