Ayrault: «J'assume la décision qui a été prise» sur Florange

POLITIQUE Le chef du gouvernement a fait preuve de fermeté alors que sa gestion du dossier est contestée au sein même de sa majorité...

M.P.

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Jean-Marc Ayrault à Berlin (Allemagne) le 15 novembre 2012.
Jean-Marc Ayrault à Berlin (Allemagne) le 15 novembre 2012. — Michael Sohn/AP/SIPA

Jean-Marc Ayrault assure une tournée de service après-vente sur le dossier Mittal, à fort potentiel explosif. Alors que les syndicats ont fait savoir leur mécontentement après l’accord trouvé avec l’industriel indien et que l’aile gauche de sa majorité s’agace, Ayrault a décidé de monter au créneau pour assumer. «Je ne suis pas seul contre tous» sur le dossier Florange, a assuré le Premier ministre ce jeudi sur RTL. 

«Montebourg est au gouvernement, il y reste»

«C'est la position du gouvernement que je dirige», a-t-il dit alors que ses divergences avec Montebourg sont étalées sur la place publique. Toutes les hypothèses ont été «examinées», a-t-il assuré, y compris une nationalisation temporaire qui aurait coûté «plus d’un milliard d’euros». «J'assume la décision qui a été prise», a-t-il encore ajouté, précisant que Mittal serait «obligé» de tenir ses engagements. Sinon, «nous prendrons nos responsabilités».

La parole du Premier ministre va être mise à l'épreuve des faits: Mittal a annoncé ce jeudi avoir retiré la candidature de Florange  pour le projet Ulcos, présenté à la base comme pouvant relancer le site.

Alors qu’Arnaud Montebourg a confirmé avoir songé à démissionner,Jean-Marc Ayrault a assuré qu’«il n’y a pas de problèmes de personnes» au gouvernement. «Dans la vie politique, il y a des personnalités diverses, nous ne sommes tous pas faits du même moule, il y a des sensibilités», a-t-il expliqué. «Arnaud Montebourg est au gouvernement, il y reste.» Bien obligé, puisque le ministre du Redressement productif est l’un des seuls qui «contente» l’aile gauche du PS, passablement déçue par les mesures annoncées par l’exécutif sur le pacte de compétitivité, et qui n’est pas loin de penser, comme les syndicalistes de Florange, que c’est le Medef qui «a gagné». Par ailleurs, si quelque 48% des Français souhaitent qu'Arnaud Montebourg reste à son ministère selon un sondage CSA pour BFM TV, 76% de l'électorat de gauche le soutient.