Compte en Suisse: Cahuzac dément à nouveau après la contre-attaque de Mediapart

POLEMIQUE Mediapart a rendu public un enregistrement téléphonique. Des éléments qui ne sont pas «convaincants» et n'«impressionnent» pas le ministre délégué au Budget...

© 2012 AFP
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Le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, est monté au créneau mercredi contre Mediapart qui l'accuse d'avoir détenu un compte secret en Suisse et a rendu public un enregistrement téléphonique présenté comme un "aveu".
Le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, est monté au créneau mercredi contre Mediapart qui l'accuse d'avoir détenu un compte secret en Suisse et a rendu public un enregistrement téléphonique présenté comme un "aveu". — Patrick Kovarik afp.com

Le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, est à nouveau monté au créneau contre Mediapart, qui l'accuse d'avoir détenu un compte secret en Suisse, et qui a rendu public un enregistrement téléphonique présenté comme un «aveu». Le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a réagi à cet enregistrement  dans la nuit par un communiqué en jugeant qu'aucun des éléments dont  «croit» disposer le site Internet «ne sont convaincants» et «ne  l'impressionnent».


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Mercredi soir, le site d'information a rendu public un enregistrement datant selon lui de fin 2000, dans lequel un homme qu'il affirme être Jérôme Cahuzac avoue détenir un compte dans une banque suisse. «Aucun témoin crédible ne peut affirmer ni tenter de corroborer une chose qui n'existe pas et n'a pas existé», affirme le ministre dans son communiqué. Après sa plainte en diffamation contre le site Internet, Jérôme Cahuzac dit «attendre l'enquête avec la plus grande sérénité». Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a affirmé mercredi soir avoir «toute confiance» en Jérôme Cahuzac, qui a exclu de démissionner.

Assurant disposer de «nombreux témoignages» et d'«éléments documentaires probants», Mediapart a affirmé que l'élu socialiste du Lot-et-Garonne a «détenu pendant de longues années un compte bancaire non déclaré à l'Union des banques suisses (UBS) de Genève». Ce compte aurait été clôturé en 2010 et transféré à Singapour.

La voix de Cahuzac pas reconnaissable de manière évidente

«Ca me fait chier d'avoir un compte ouvert là-bas, l'UBS c'est quand même pas forcément la plus planquée des banques», dit l'homme à un interlocuteur non identifié sur l'enregistrement diffusé par Médiapart. «Il n'y a plus rien là-bas, non? La seule façon de le fermer, c'est d'y aller?», interroge-t-il, s'inquiétant des répercussions possibles alors qu'il s'apprête à devenir maire «au mois de mars». «Je ne tiens vraiment pas du tout à ce qu'il y ait la moindre ambiguïté», ajoute-t-il.

La voix de Jérôme Cahuzac n'était pas reconnaissable de manière évidente par les journalistes de l'AFP qui ont écouté l'enregistrement. Les conditions dans lesquelles celui-ci a été réalisé sont rocambolesques, telles que le site les raconte. Après avoir appelé un correspondant sur un sujet tout autre, le député l'aurait rappelé par erreur, alors qu'il était en pleine conversation avec un autre interlocuteur. La conversation avec ce dernier est alors enregistrée par le répondeur téléphonique du premier correspondant, sans qu'aucun ne s'en rende compte, affirme Mediapart.

Le site d'information expliquait mardi que son «enquête» venait corroborer celle d'un agent du fisc du Sud-Ouest, Rémy Garnier, qui avait évoqué l'existence d'un tel compte secret dans un mémoire adressé à sa hiérarchie en 2008. Selon Mediapart, la «découverte» de ce mémoire «a été un point de départ» de son enquête mais «pas sa conclusion». Pour Jérôme Cahuzac, le rapport de cet agent est douteux. «Mes accusateurs devront prouver que les allégations sont fondées. Ils auront du mal», a-t-il prévenu.

Preuves d'un déplacmeent en Suisse

Dans un entretien à l'AFP, Rémy Garnier convient qu'il y avait «des lacunes» dans son travail. Il rappelle que l'administration a prononcé contre lui un avertissement disciplinaire en raison de ce rapport. Mediapart répète par ailleurs avoir des preuves que le ministre s'est finalement rendu lui-même en Suisse pour clore ce compte, «début 2010», et transférer les fonds à Singapour, via un «complexe montage offshore». Le site nomme un correspondant de Jérôme Cahuzac à l'UBS, «Marc D.», assurant «protéger» à ce stade son identité complète.

«J'ai effectué un déplacement» à Genève, a reconnu le ministre, expliquant avoir voulu vérifier des informations «de nature fiscale» non détaillées. Ce voyage était «tellement peu discret que j'ai dû prendre le billet par le service des transports de l'Assemblée nationale», a-t-il ironisé.

L'affaire a provoqué de nombreuses réactions, notamment «de solidarité» à Jérôme Cahuzac de la part du gouvernement et du président François Hollande. A l'UMP, la prudence est de mise: Laurent Wauquiez a demandé à Jérôme Cahuzac d'apporter en urgence «des preuves» pour dissiper les soupçons. Jean-François Copé a dit avoir «une estime personnelle» pour Jérôme Cahuzac, prenant «acte» du démenti du ministre.