Compte en Suisse: Cahuzac dénonce des «accusations délirantes»

POLEMIQUE Le ministre va porter plainte contre Mediapart, qui l'accuse d'avoir détenu un compte non déclaré en Suisse...

Bérénice Dubuc avec Sipa

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Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, le 28 septembre 2012 à Bercy
Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, le 28 septembre 2012 à Bercy — B. LANGLOIS / AFP

Jérôme Cahuzac n'envisage pas de se mettre en retrait de ses fonctions et va déposer plainte en justice après les affirmations du site Mediapart, qui l'accuse d'avoir détenu un compte non déclaré en Suisse. Sur Europe 1, c'est l'avocat de Jérôme Cahuzac, Me Gilles August, qui a contre-attaqué. Il a confirmé que son client entendait porter plainte en diffamation dans la journée et a écarté toute perspective de démission du gouvernement.

Interrogé sur RTL sur l'éventualité de suspendre ses fonctions, le ministre du Budget a répondu «absolument pas, pas une seconde». «La difficulté que j'affronte est que je dois prouver que quelque chose n'existe pas, c'est la raison pour laquelle je vais en justice», a déclaré le ministre. «Je déposerai plainte», a-t-il confirmé, parlant encore «d'accusations délirantes». «J'ai demandé "quelles sont vos preuves?", ils ont refusé de les montrer», a expliqué le ministre en parlant des journalistes du site d'informations. «Ils ne m'ont montré aucun élément probant écrit», a-t-il poursuivi.

«Une épreuve supplémentaire dont la vie politique est jalonnée»

«Aujourd'hui, je dois prouver mon innocence. En justice, mes accusateurs devront prouver que leurs allégations sont fondées, ils auront du mal», a-t-il assuré. Pour «faire litière» du rapport d'un inspecteur des impôts du Lot-et-Garonne, mis en avant par Mediapart, qui assurerait que le ministre possède «une villa à Marrakech (...) une résidence à La Baule et dans lequel il est mis en cause les modalités de financement de l'appartement qu['il a] acquis en 1994» le ministre a annnoncé qu'il allait «publier sur [s]on blog le plan de financement de cet appartement».

Une publication «qui démontrera que ce qu'affirme Mediapart à ce sujet est factuellement inexact», a ajouté Jérôme Cahuzac. Il a précisé que le financement de cet appartement «a été l'objet de prêt, d'apport propre de ma famille, de moi-même. En gros, pour acheter cet appartement, j'ai dû débourser immédiatement de ma poche un peu moins de 15%». A propos d'une supposée discussion avec un «chargé d'affaires» pour évoquer son compte en Suisse, élément également avancé par Mediapart, le ministre a répondu: «C'est une plaisanterie!»

Quant à un voyage à Genève, qui selon Mediapart aurait servi à clore ce supposé compte non déclaré, Jérôme Cahuzac a noté qu'il avait «effectué un déplacement (...) tellement peu discret que j'ai dû prendre le billet par le service des transports de l'Assemblée nationale». «La vie politique est parfois rude mais il est vrai que je ne m'attendais pas à vivre ça», a-t-il encore déclaré. «Je ne vois pas de menaces, je vois une épreuve supplémentaire dont, paraît-il, la vie politique est jalonnée», a-t-il conclu.

«Pourquoi pas une hacienda au Mexique?»

«M. Garnier a prétendu dans le document (...) que Jérôme Cahuzac avait, je cite, une villa à Marrakech et une maison à La Baule. Moi je dis pourquoi pas une hacienda au Mexique?», a ironisé son avocat, Me August, sur Europe1. «Il a un appartement avenue de Breteuil et une petite maison en Corse qui lui a été léguée par ses parents» et il n'a pas de biens immobiliers «ni à la Baule, ni à Marrakech, ni au Mexique, ni de compte en Suisse», a ajouté Me August.

Le conseil a toutefois reconnu que Jérôme Cahuzac avait rencontré Rémy Garnier, argumentant que ce dernier, «qui est en délicatesse avec son administration», «est connu dans la Région (...) parce qu'il accuse beaucoup de gens». Interrogé sur l'affirmation de Mediapart selon laquelle le ministre aurait clos ce compte suisse en 2010, l'avocat rétorque: «Il est difficile de fermer un compte dont on ne dispose pas.»

Evoquant son client, il poursuit: «On accuse un homme, son honneur est sali, sa réputation est entachée, c'est un homme qui est intègre, qui s'est toujours battu contre la fraude. Il est intéressant de constater que c'est à l'heure où il se bat à l'Assemblée nationale (...) contre la fraude qu'on l'accuse.» «On colporte les élucubrations délirantes de certaines personnes, (...) d'une personne», a conclu l'avocat.