UMP: Le mardi le plus long à l'Assemblée

Alexandre Sulzer

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François Fillon, lors d'une conférence de presse le 27 novembre 2012 à Paris.
François Fillon, lors d'une conférence de presse le 27 novembre 2012 à Paris. — WITT/SIPA

Mardi matin, près de 130 parlementaires fillonistes se retrouvent au Musée social autour de leur chef. Dans une ambiance insurrectionnelle, François Fillon propose aux militants UMP «de revoter» pour un président. «Dans l’attente, j’ai décidé de constituer un groupe parlementaire, le Rassemblement UMP (RUMP).» Coup de tonnerre.

Une «surenchère suicidaire»

Laurent Wauquiez, un lieutenant, assure que 50 députés sur les 130 parlementaires présents ont d’ores et déjà signé une déclaration de sécession. A l’issue de la réunion de groupe UMP «traditionnel» qui s’éternise, Christian Jacob demande à l’ancien Premier ministre «de ne pas commettre l’irréparable».

Parmi la vingtaine de députés qui ont assisté aux deux réunions, Dominique Bussereau, l’un des fondateurs de l’UMP, qui reconnaît ne pas savoir quoi faire dans un «climat effroyable, entre le vaudeville et la tragédie grecque». Dans la salle des quatre colonnes, les copéistes passent à la riposte. Sébastien Huyghe, député du Nord, dénonce une «surenchère suicidaire». «Les militants ne veulent pas qu’on revote, ils veulent qu’on arrête les conneries.»

«On ne va pas se faire baiser deux fois»

Gérald Darmanin, un filloniste opposé à la sécession, soupire: «Il n’y a plus de surmoi à l’UMP, tout le monde est désinhibé. Il faut que Sarkozy, le père freudien, revienne.» Ça tombe bien. En milieu d’après-midi, députés et journalistes apprennent que Nicolas Sarkozy a demandé aux deux adversaires de s’entendre sur un référendum au sujet d’un nouveau vote, sous peine d’envoyer un communiqué rageur.

A 16h, les fillonistes se réunissent à huis clos à l’Assemblée pour se compter. Lionel Tardy, l’un d’entre eux, prévient, tout en y allant: «Un référendum, ça ne marchera pas. Ça va faire des frais, de nouvelles polémiques, pas la peine de tergiverser.» Pourtant, à 17h10, les fillonistes ressortent en ayant accepté le référendum sur le principe. Mais François Fillon pose ses conditions. Et maintient la constitution du groupe RUMP dont il prend la présidence. 68 députés y participent.

«Comme chat échaudé craint l’eau froide, nous garderons ce groupe même si Copé accepte le référendum. Rien ne presse tant que les choses ne seront pas claires et nettes,  met en garde Dominique Dord, le trésorier de l’UMP qui a démissionné la veille. On ne va pas se faire baiser deux fois.»