Groupe «Rassemblement UMP»: Qui va suivre François Fillon?

DROITE La création d'un nouveau groupe parlementaire porté par François Fillon est actée...

Anne-Laëtitia Béraud, avec Reuters

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François Fillon, lors d'une conférence de presse le 27 novembre 2012 à Paris.
François Fillon, lors d'une conférence de presse le 27 novembre 2012 à Paris. — WITT/SIPA

Un nouveau vote ou la dissidence. François Fillon a proposé de revoter dans les trois mois pour la présidence de l’UMP, officiellement gagnée par son rival Jean-François Copé, annonçant qu’en attendant un nouveau scrutin interne, il créait un nouveau groupe parlementaire à l’Assemblée nationale.

«Dans l’attente d’une nouvelle élection, j’ai décidé, avec les députés qui me suivent, de constituer un groupe parlementaire qui aura pour nom le rassemblement UMP (R-UMP)», a-t-il annoncé lors d’une conférence de presse au Musée social à Paris. Il a précisé que si une nouvelle élection interne à l’UMP se tenait lieu «dans des conditions optimales», «notre groupe (dissident ndlr) rejoindra immédiatement le groupe UMP à l'Assemblée nationale», laissant ainsi une offre de résolution à la crise qui secoue le parti. L’ancien Premier ministre a martelé: «nous sommes à l’UMP et nous restons à l’UMP», ce qui indique, en creux, que ses troupes restent financièrement rattachées au parti.

«Faire chambre à part» 

«Le temps qu'on ait cette élection (pour la présidence de l’UMP ndlr), on fait une chambre à part dans la grande maison», a assuré le député filloniste Dominique Dord, en marge de la réunion des partisans de l'ancien Premier ministre.

Les soutiens de François Fillon présents à la conférence de presse ce mardi matin sont restés évasifs quant au nombre de parlementaires dissidents. Alors que le groupe UMP présidé par Christian Jacob compte 195 députés, «au moins 50» rejoindrait le groupe dissident, a dit Laurent Wauquiez à 20 Minutes, tandis que Jean-François Lamour évoquait le chiffre de 62 députés. «François Fillon a la certitude d'avoir 55 députés avec lui», a déclaré Jean de Boishue, cité par Reuters.

La création de ce groupe de députés fillonistes ne rassemblera néanmoins pas tous ses soutiens de l'ancien Premier ministre. Le député David Douillet, soutien de François Fillon, a annoncé ce mardi midi sur I-télé qu'il refusait de rejoindre le R-UMP, estimant «qu'on ne quitte pas le navire quand on est dans la tempête.»

Nombre pas fixé des parlementaires dissidents

Si la création d’un groupe de députés dissidents est actée ce mardi midi, rien n’est encore fixé pour les sénateurs fillonistes, qui sont majoritaires dans le groupe UMP à la Haute Assemblée, assure Gérard Longuet à 20 Minutes. Une réunion programmée mercredi 11h doit dire s’ils vont créer, comme chez les députés, un nouveau groupe. Les sénateurs pro-Fillon vont ainsi déposer une motion auprès du président de groupe Jean-Claude Gaudin (pro-Copé) afin de proposer un nouveau vote à l’UMP. «J’espère qu’au terme de ces débats, les soutiens de Jean-François Copé au Sénat ne vont pas s’opposer à un nouveau vote», assure à 20 Minutes François Grosdidier, sénateur de la Moselle et soutien de François Fillon.

Cette réunion et ce vote détermineront de la survie ou de la dislocation de l’actuel groupe UMP au Sénat. «Dans tous les cas, nous (les sénateurs fillonistes ndlr) sommes majoritaires dans le groupe, nous sommes 60% à soutenir François Fillon. Nous n’avons aujourd’hui aucune raison de créer un groupe séparé, mais nous verrons à l’issue du vote demain ce que l’on fera», avertit François Grosdidier.

Le président élu de l’UMP Jean-François Copé, qui s’est prononcé contre un nouveau vote «tout de suite» pour la présidence de l’UMP ce mardi matin, a dénoncé ce midi sur RTL un «ultimatum» de la part de François Fillon.

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