Présidence de l'UMP: La liste des irrégularités attribuées au camp Copé

POLITIQUE Le document de 22 pages, qui revient sur le déroulement du vote, était destiné à la commission nationale des recours de l’UMP...

M.Gr.

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Un adhérent UMP vote pour la présidence du parti, le 18 novembre 2012 au Plaza Hotel à Nice.
Un adhérent UMP vote pour la présidence du parti, le 18 novembre 2012 au Plaza Hotel à Nice. — B. BEBERT/SIPA

La liste établie par le clan Fillon est impressionnante. Falsification des décomptes des voix, distribution de procurations pré-remplies à des sympathisants pro-Copé, désorganisation dans certains bureaux de vote... Dans un document confidentiel de 22 pages, que s'est procuré Libération, de nombreuses irrégularités, constatées lors du scrutin du 18 novembre, ont en effet été compilées par les partisans de l’ancien Premier ministre.

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Destiné à la commission nationale des recours de l'UMP, ce document ne lui a pourtant pas été remis lundi et ne se trouverait pas, à ce jour, entre dans les mains de la justice, rapporte Libération sur son site Internet. Dans un chapitre, intitulé «les irrégularités viciant l'ensemble des conditions générales de l'élection à la présidence de l'UMP  et justifiant son annulation», les fillonistes pointent pourtant, dans certains départements, des dysfonctionnements en citant de nombreux témoignages et procès-verbaux rédigés après l'élection.

Ainsi, dans les Alpes-Maritimes, où «des consignes auraient été données pour ralentir le vote», rapporte un témoignage -et décourager ainsi les militants- «dix procurations n'étaient pas accompagnés de la photocopie d'une pièce d'identité du mandant». Des irrégularités qui auraient été notées sur le procès-verbal. Mais celui-ci aurait été modifié par Michèle Tabarot (secrétaire générale de l'UMP et candidate sur la liste Copé), rapporte Libération.

Des Post-it sur les procurations

Du côté des Bouches-du-Rhône, les pro-Copé qui ne disposaient pas de procuration «se voyaient remettre sur place, dans la rue, à la vue de tous, une procuration complétée à leur nom», rapporte encore le document. Encore plus fort à Arles, où 100 habitants d'Istres auraient même été rattachés au bureau de vote de la commune. Une ville pourtant située à 45 km de chez eux.

Il leur aurait en effet été proposé d'inscrire, sur un Post-it collé sur une procuration, le nom de leur président favori. Sauf qu'à Arles, une pro-Copé aurait été prise en flagrant délit de modification du nom inscrit sur le Post-it. «L'huissier présent sur place a été témoin des post-it sur des procurations», souligne d'ailleurs le rapport.

Découragement de nombreux militants

Et quant aux secteurs sensés être favorables à François Fillon, comme à Cannes, le nombre de bureaux de vote nécessaire au bon déroulement du scrutin n'aurait tout simplement pas été ouvert, entraînant la formation de files d'attente «de plus de deux heures, voire trois, à l'entrée de nombreux bureaux», peut-on lire dans le document de 22 pages. De quoi décourager de nombreux militants, «rentrés chez eux sans voter».

Même chose à Nice, «où de nombreux adhérents ont quitté le bureau de vote après avoir voté sans signer le registre», détaille le document, où il est précisé qu'«il était nécessaire de refaire la queue pendant plusieurs heures pour signer». Une désorganisation qui permettait aux adhérents «de récupérer leur carte d'identité entre le vote et la signature», précise le document.