Députés pro-Fillon: Vers une scission à l'Assemblée nationale?

DROITE Certains députés soutenant François Fillon envisagent une scission du groupe parlementaire UMP...

Anne-Laëtitia Béraud

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Paris le 10 mai 2012. Illustration assemblee nationale.
Paris le 10 mai 2012. Illustration assemblee nationale. — Alexandre Gelebart/20 Minutes

Alors que la bataille à l’UMP entre Jean-François Copé et François Fillon continue ce lundi, les soutiens parlementaires de l’ancien Premier ministre s’interrogent. L’un des scénarios serait une scission du groupe UMP à l’Assemblée nationale et au Sénat, ce qui impliquerait la création d’un deuxième groupe,  sous l’égide de François Fillon.

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«La médiation a échoué, c'est MORT!»

C’est Lionel Tardy, député de la Haute-Savoie, qui a lancé la pierre dans la mare dimanche soir. Le filloniste star des réseaux sociaux a déclaré à la presse que «toutes les conditions» étaient «réunies pour qu'il y ait une scission au sein du groupe UMP à l'Assemblée». «Je souhaite qu'au minimum il y ait un groupe différent de celui de Jean-François Copé à l'Assemblée nationale puisqu'il y a un désaccord complet», a-t-il annoncé. Une position qui choque des partisans de Jean-François Copé, ce à quoi il répond ce lundi sur Twitter : «il faut vous le dire comment : la médiation a échoué, c'est MORT ! Reste à savoir qui va suivre qui»

Le projet de cette division parlementaire semble suivi par d’autres soutiens. Démissionnant de sa fonction de trésorier de l’UMP car il estime que Jean-François Copé a capté des ressources du parti pour mener sa campagne, le député de Savoie Dominique Dord a assuré ce lundi à BFM TV: «Je serai à 100% sur la ligne politique que choisira François (Fillon ndlr)».

Attentisme

Mais le chœur des soutiens parlementaires de François Fillon reste polyphonique. Ainsi Damien Meslot, député du Territoire de Belfort, s’érige contre toute scission parlementaire. Ce proche de Xavier Bertrand estime ce lundi que «l’aventure de la création d’un nouveau groupe à l’Assemblée Nationale» «impliquerait une explosion de notre mouvement», écrit-il dans un communiqué, invitant à un nouveau «vote partiel (dans les bureaux où il y a litige) ou général, ou par une direction collégiale».

L’attentisme reste aussi de mise, alors que les développements de cette lutte fratricide à l’UMP se calculent en heure. Ce qui fait dire à Philippe Houillon, député du Val-d'Oise et soutien de François Fillon: «J’attends de voir ce qu’il ressortira du déjeuner entre François Fillon et Nicolas Sarkozy (lundi midi ndlr) et de la réunion des parlementaires mardi. Cette scission, je n’y croyais pas avant car c’est destructeur pour le parti. Au vu de la situation, je commence à y penser.»