Des juges enquêtent sur les liens entre Copé et Takieddine

Avec Reuters

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Deux juges d'instruction enquêtent sur les liens entre Jean-François Copé et l'homme d'affaires Ziad Takieddine, intermédiaire dans des contrats d'armement et poursuivi dans l'enquête sur une présumée corruption lors de la campagne présidentielle de 1995, écrit le Journal du dimanche.

Les magistrats cherchent à savoir si celui qui a été élu à la tête de l'UMP dans des conditions contestées a ou non bénéficié, d'une part, de fonds en espèces pour l'achat en 2004 d'un logement parisien et des travaux et, d'autre part, de versements sur un compte suisse ouvert par sa soeur en 2005.

«Confusion» entre deux appartements

Dans le JDD, Jean-François Copé nie. «Effectivement, un compte a été ouvert en 2005, ce que j'ignorais jusqu'à aujourd'hui, dans le but de placer un peu d'épargne de précaution, de l'ordre de 15.000 euros. Mais il a été fermé deux ans plus tard et ne me concerne en rien». Il parle de «confusion» entre deux appartements.

Une information judiciaire pour fraude fiscale a été ouverte en juillet 2011 contre Ziad Takieddine, suite à deux plaintes de l'administration fiscale pour minoration des déclarations de revenus et non-déclaration au titre de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Ziad Takieddine est un proche de Jean-François Copé, ministre du Budget de 2004 à 2007, qui a admis en septembre 2011 sur TF1 s'être fait payer des vacances par Ziad Takieddine au début des années 2000, tout en contestant toute implication dans les malversations qui lui sont prêtées.

Ziad Takieddine n'a pas payé d'impôts depuis 2002. Il est mis en examen dans le dossier portant sur une éventuelle corruption en 1993-1995 au profit de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole. L'homme d'affaires franco-libanais est soupçonné d'avoir organisé le retour en France d'une partie de commissions légales convenues en marge de la vente de sous-marins au Pakistan (84 millions d'euros) et de frégates à l'Arabie saoudite (200 millions d'euros) dans les années 1990.