Crise à l'UMP, quelles sorties de crise possibles?

Anne-Laëtitia Béraud

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François Fillon et Jean-François Copé aux journées parlementaires de l'UMP à Marcq-en-Baroeul, le 27 septembre 2012.
François Fillon et Jean-François Copé aux journées parlementaires de l'UMP à Marcq-en-Baroeul, le 27 septembre 2012. — A. ROBERT/APERCU/SIPA

L’élection du président de l’UMP continue de susciter les querelles ce jeudi entre les camps de Jean-François Copé et François Fillon. Les deux anciens candidats semblent, plus que jamais, accrochés à leurs positions. 20 Minutes fait le point sur les possibles sorties de crise à droite…

-Le retour à la normale grâce à la réconciliation des deux camps

Difficilement envisageable ce jeudi. Depuis dimanche soir, les attaques sont très dures entre partisans pro-Copé et pro-Fillon, mêlant insultes et coups bas. Les anciens candidats s’accusent mutuellement de fraudes, et menacent de faire exploser le parti.

-Un intérim à la tête du parti

Hypothèse variable. Mercredi, François Fillon a appelé à la rescousse mercredi Alain Juppé, personnalité considérée comme neutre, afin d’assurer l’intérim du parti le temps qu’une solution soit trouvée entre les différentes parties. Cette idée est refusée par Jean-François Copé.

-La scission de l’UMP entre pro-Copé et pro-Fillon

L’hypothèse reste valable sur le papier, avec des fillonistes qui veulent «une structure autour de François Fillon» au sein de l’UMP. François Fillon a déclaré mardi soir : «Je reste dans ma famille politique», mais il pourrait vouloir quitter l’UMP pour former un nouveau parti et de nouveaux groupes parlementaires. A l’Assemblée nationale par exemple, pour constituer un nouveau groupe, il faut quinze membres et «remettre à la Présidence une déclaration politique signée des membres qui adhèrent à ce groupe et présentée par le président qu’ils se sont choisi».

L’hypothèse reste peu probable dans la réalité, explique Paul Bacot à 20 Minutes. Le professeur de sciences politiques estime que le coût de l’explosion de l’UMP est trop grand pour les élus qui, dans une logique de professionnalisation de la vie politique, n’ont aucun intérêt à mettre fin au plus grand parti d’opposition.

-Les recours à l’UMP

1/La contestation des résultats auprès de la Cocoe, la commission chargée du contrôle des opérations électorales à l’UMP.

Hypothèse nulle. Le président de la Cocoe, Patrice Gélard, a proclamé les résultats lundi soir . Il a par ailleurs affirmé qu’il ne pourrait pas revenir sur cette déclaration de victoire de Jean-François Copé.

2/Faire une réclamation auprès de la commission des recours du parti

Hypothèse validée. Jean-François Copé a saisi cette commission jeudi midi «pour mettre fin à cette situation désolante», indiquant qu’elle travaillerait en toute «transparence». La commission doit recompter les bulletins et étudier les accusations de fraude. «A l’issue de ses travaux, elle prendra la décision ou non de modifier les résultats (de l’élection ndlr)», a-t-il dit lors d’une conférence de presse au siège de l’UMP. Il a également annoncé que des représentants de François Fillon et des «personnalités indépendantes», telles Alain Juppé, pourraient assister aux travaux. L’ancien Premier ministre a toujours refusé de saisir cette commission, car celle-ci est dirigée par un ami de Jean-François Copé, Yannick Paternotte.

3/En appeler à la Commission des Sages de l’UMP et Nicolas Sarkozy

Hypothèse faible. Le député du Nord Gérald Darmanin a lancé cette idée mercredi. Cette commission, comprenant notamment les anciens présidents et secrétaires généraux de l'Union, «qui à ma connaissance ne s'est jamais réunie dans l'histoire de l'UMP, permettrait aux personnalités qui ont un magistère moral incontestable de faire entendre raison à nos dirigeants pour que renaisse l'esprit de rassemblement. A cette Commission serait naturellement invité Nicolas Sarkozy dont la parole doit permettre l'apaisement et la prise en compte du seul intérêt général de notre mouvement», écrit-il dans un communiqué.

-Faire appel à la justice

Hypothèse variable. Mercredi soir, François Fillon a lancé cette idée si un intérim, asurré par Alain Juppé, n'est pas mis en place à l’UMP. «Si on ne met pas en place une équipe provisoire pour diriger l'UMP, alors, oui, je déposerai un recours devant la justice» a-t-il dit au journal de 20h de TF1.

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