Affaire Bettencourt: Nicolas Sarkozy attendu chez le juge ce jeudi pour une mise en examen

JUSTICE L'ancien président de la République est attendu chez le juge à Bordeaux, en Gironde...

avec AFP

— 

France's President Nicolas Sarkozy (L) shakes hands with French magistrate Philippe Courroye during a ceremony marking the 69th anniversary of General De Gaulle's "Appeal of June the 18th" (Appel du 18 juin) during World War II, on June 18, 2009 at the Mont Valerien in Suresnes, near Paris. The 18th June Appeal is De Gaulle's famous speech, in which he urged the French citizens to resist the German occupation during the War. At right, French Defense Minister Herve Morin. AFP PHOTO POOL CHARLES PLATIAU
France's President Nicolas Sarkozy (L) shakes hands with French magistrate Philippe Courroye during a ceremony marking the 69th anniversary of General De Gaulle's "Appeal of June the 18th" (Appel du 18 juin) during World War II, on June 18, 2009 at the Mont Valerien in Suresnes, near Paris. The 18th June Appeal is De Gaulle's famous speech, in which he urged the French citizens to resist the German occupation during the War. At right, French Defense Minister Herve Morin. AFP PHOTO POOL CHARLES PLATIAU — Charles Platiau afp.com

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy est attendu ce jeudi matin à Bordeaux dans le bureau du juge Jean-Michel Gentil en charge de l'affaire Bettencourt, aux fins d'une mise en examen pour abus de faiblesse au détriment de l'héritière de l'Oréal Liliane Bettencourt.

Cette convocation de l'ancien chef d'Etat, clou de la carrière de l'intrépide juge Gentil, pourrait se terminer néanmoins par un simple placement sous le statut de témoin assisté, beaucoup moins lourd. Le juge et ses collègues Cécile Ramonatxo et Valérie Noël veulent entendre Nicolas Sarkozy, après avoir recueilli des éléments leur permettant de soupçonner un possible financement illicite de sa campagne de 2007, voire des remises de fonds ultérieures, grâce à de l'argent de Liliane Bettencourt.

Plusieurs mises en examen

Les juges veulent savoir si Nicolas Sarkozy a pu toucher de l'argent directement, la remise d'enveloppes de billets à des hommes politiques étant, à en croire certains membres du personnel, une habitude bien ancrée chez les Bettencourt du vivant de l'ancien ministre André Bettencourt, décédé en novembre 2007.

Ou bien si ses activités politiques ont pu être aidées aussi par une partie des quatre millions d'euros en liquide que l'ancien homme de confiance des Bettencourt Patrice de Maistre a fait revenir depuis un compte suisse des milliardaires de 2007 à 2009. Patrice de Maistre et Eric Woerth, l'ancien ministre et ex-trésorier de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, ont déjà été mis en examen dans cette affaire.

Les juges voudront aussi demander à Nicolas Sarkozy pourquoi il a paru surveiller de si près l'évolution du dossier Bettencourt, semblant notamment recevoir à huit reprises de 2008 à 2010 l'ex-procureur de Nanterre Philippe Courroye initialement en charge de cette affaire.

Autres affaires

Patrice de Maistre a pour sa part déjà expliqué aux juges cet intérêt du président par l'aspect stratégique pour l'économie française du groupe l'Oréal, qui pèse 62,5 milliards d'euros et dont le groupe suisse Nestlé est le deuxième actionnaire après les Bettencourt avec 30% des parts.

C'est la seconde fois qu'un ex-président de la Vème République doit faire face à la justice, après Jacques Chirac, impliqué dans différentes affaires d'emplois fictifs, au RPR et à la mairie de Paris. Il avait été mis condamné le 15 décembre 2011 à deux ans de prison avec sursis.

Selon son entourage, Nicolas Sarkozy est très confiant avant cette audition. D'autres ennuis judiciaires pourraient cependant guetter l'ex-Président. Une enquête préliminaire sur les sondages commandés par l'Élysée pendant sa présidence a en effet été ouverte, tandis que deux autres enquêtes sur de possibles financements occultes de campagne électorale, la sienne en 2007 et celle d'Édouard Balladur en 1995, pourraient le menacer.