Manifestation anti-mariage pour tous: «Aucune tolérance» du gouvernement à l'égard des violences

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Le gouvernement n'aura "aucune tolérance" à l'égard des violences de l'extrême droite, a prévenu dimanche sa porte-parole, Najat Vallaud-Belkacem, après l'agression de journalistes et de militantes féministes à la manifestation organisée par Civitas contre le mariage d'homosexuels.
Le gouvernement n'aura "aucune tolérance" à l'égard des violences de l'extrême droite, a prévenu dimanche sa porte-parole, Najat Vallaud-Belkacem, après l'agression de journalistes et de militantes féministes à la manifestation organisée par Civitas contre le mariage d'homosexuels. — Lionel Bonaventure afp.com

Le gouvernement n'aura «aucune tolérance» à l'égard des violences de l'extrême droite, a prévenu ce dimanche sa porte-parole, Najat Vallaud-Belkacem, après l'agression de journalistes et de militantes féministes à la manifestation organisée par l'institut Civitas contre le mariage gay. «Il n y a aucune place pour les agressions d'extrême droite dans notre pays», a réagi auprès de l'AFP la porte-parole. «Le gouvernement n'aura aucune tolérance à l'égard de ces violences et de tous les dérapages qui y sont associés. La liberté d'informer n est pas un principe avec lequel on peut transiger», a-t-elle ajouté.

«Le gouvernement a créé les conditions d'un débat serein et démocratique sur le projet de loi mariage pour tous», a souligné également Najat Vallaud-Belkacem, se déclarant «profondément choquée» par cette agression. «Je condamne fermement la lâche agression dont a été victime Caroline Fourest en marge de la manifestion Civitas et lui témoigne mon soutien contre la violence obscurantiste et imbécile», avait déjà réagi le premier secrétaire du PS, Harlem Désir.

Des militantes du mouvement féministe ukrainien Femen et des journalistes, parmi lesquels Caroline Fourest, ont été pris à partie et certains «roués de coups» à la manifestation organisée par l'institut Civitas, proche des catholiques intégristes, a-t-on appris auprès des intéressés. Interrogé lors de l'émission «Tous politiques» sur France Inter/Le Monde/AFP, le chef de file des députés socialistes, Bruno le Roux a dit avoir vu, dans les manifestations de ce dimanche, «des débordements inadmissibles».

«J'ai vu une association qui avait appelé à manifester avec des mots d'ordre qui étaient des mots d'ordre dont le caractère homophobe n'échappe à personne», a-t-il ajouté. «J'ai vu aujourd'hui des groupuscules d'extrême droite, me dit-on taper un certain nombre de manifestants, j'ai vu des pancartes qui n'avaient rien à voir» avec le débat, a-t-il affirmé. «Ce que j'ai vu aujourd'hui doit être réprimé par la République».

S'agissant des familles qui manifestaient, Bruno le Roux a dit: «J'ai envie de débattre avec elles, (...) j'ai envie d'être dans le dialogue». «Moi je vais essayer de faire régresser ceux qui pensent que (le mariage pour tous) n'est pas bon pour notre société, ceux qui pensent que ce n'est pas un projet utile. Je ne vais avoir de cesse de l'expliquer pendant les trois prochains mois à l'Assemblée nationale».

Pour sa part, Eddie Aït, secrétaire national du PRG, a réclamé la dissolution de Civitas. «L'agression ce jour de Caroline Fourest, journaliste, et de militants de la cause LGBT, par des manifestants anti-mariage pour tous m'inquiète au plus haut point», écrit-il dans un communiqué. «Nous devons réfléchir aux conséquences de ce déferlement de haine sur certains jeunes homosexuels qui se sentent montrés du doigt», poursuit-il, estimant que «notre société doit distiller un message d'espoir et non se faire prendre en otage par des intégristes religieux qui diffusent des messages d'exclusion et de violence».