Relation homosexuelle supposée de Jean-Marie Le Pen: Les réseaux sociaux s'enflamment, l'intéressé dément

POLITIQUE C'est l'ancien maire de Pau, André Labarrère, qui s'était confié auprès d'un autre homme politique...

Corentin Chauvel

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L'ancien président du Front national, Jean-Marie Le Pen, le 23 septembre 2012, à La Baule (Loire-Atlantique).
L'ancien président du Front national, Jean-Marie Le Pen, le 23 septembre 2012, à La Baule (Loire-Atlantique). — S.MAHE / REUTERS

Jean-Marie Le Pen, connu pour avoir tenu à plusieurs reprises des propos contradictoires sur l’homosexualité, aurait-il déjà eu une relation homosexuelle? Cette hypothèse, racontée dans le dernier livre de Philippe Cohen et Pierre Péan, Le Pen, Une histoire française (Robert Laffont, 2012), dont Le Point a publié les bonnes feuilles cette semaine, a particulièrement retenu l’attention du Daily Mail jeudi, enflammant dans la foulée les réseaux sociaux français.

La relation en question aurait eu lieu avec l’ancien maire socialiste de Pau, André Labarrère. Ce dernier l’avait évoquée, par l’intermédiaire d’une anecdote, auprès d’un autre homme politique, dont le nom n’est pas dévoilé, qui l’a ensuite relatée aux auteurs du livre. Graphologue, André Labarrère avait demandé à Jean-Marie Le Pen, dans les années 1980, de lui écrire un petit texte afin de dresser son portrait psychologique grâce à son écriture. Dans le courrier que lui renvoie l’ancien président du Front national (FN), cette curieuse dédicace: «En souvenir de nos délicieux moments passés ensemble.»

«Une tendre initiation au plaisir entre hommes»

D’après André Labarrère, premier homme politique à avoir déclaré publiquement son homosexualité, il s’agissait de moments vécus durant leur jeunesse, au cours des années 1950, et plus précisément «une tendre initiation au plaisir entre hommes», écrivent Philippe Cohen et Pierre Péan. Dans un entretien donné à Têtu en 2007, l’ancien maire de Pau avait déjà parlé de son admiration physique pour Jean-Marie Le Pen, «un très beau type, fin, grand» avec «une ascendance de marbre», qui «ne (le) laissait pas de marbre». Interrogé par les auteurs du livre, l’ancien président du FN «nie évidemment tout penchant homosexuel» et estime qu’André Labarrère «a sans doute "fantasmé" sur lui». 

Cette révélation n’a pas manqué d’enflammer les réseaux sociaux, et notamment Twitter, où les internautes se sont gaussés de sa contradiction avec des propos homophobes tenus par Jean-Marie Le Pen par le passé. «Dans les années 1980, Le Pen qualifiait l’homosexualité d’"anomalie biologique et sociale"», rappelle notamment Le Point.

La prétendue homosexualité de Jean-Marie Le Pen aura, pour le moment, fait plus de bruit que les autres révélations contenues dans l’ouvrage de Philippe Cohen et Pierre Péan. On y apprend notamment que, contrairement à ce qu’il laissait à penser, l’ancien président du FN n’aurait jamais pratiqué la torture en Algérie. Pour les deux journalistes, il n’y a jamais eu «aucune vérité révélée ni établie», seulement une conviction que «Le Pen, s’il a sans doute brutalisé des Algériens, n’a pas pratiqué la "torture institutionnelle" telle qu’elle a été massivement employée durant la bataille d’Alger».