La Droite forte, le courant qui divise fort

UMP Les reproches et les critiques s'accumulent à l'encontre de ce mouvement créé par deux trentenaires sarkozystes...

Alexandre Sulzer

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 Guillaume Peltier, secrétaire national de l'UMP
 Guillaume Peltier, secrétaire national de l'UMP — WITT/SIPA

Deux à trois réunions publiques par jour chacun. Dans la dernière ligne droite avant l’élection dimanche à la tête de l'UMP, Guillaume Peltier et Geoffroy Didier ne ménagent pas leur peine pour vendre leur mouvement, la Droite forte, auprès des militants. Ces deux ambitieux de 36 ans -le premier a milité au FN dans sa jeunesse avant d’être le bras droit de Philippe de Villiers, le second est un proche de Brice Hortefeux- se prévalent de représenter la «génération sarkozyste». Un label loyaliste qui cible la fidélité des adhérents du parti envers l’ancien chef de l’Etat.

Un positionnement qui énerve à l’UMP. Parmi les plus critiques, les initiateurs de la «Boîte à idées», l’autre courant estampillé «jeunes» à l’UMP. «Nous, nous avons franchi les échelons les uns après les autres depuis 2002, s’emporte Enguerrand Delannoy, l’un d’entre eux. Pas besoin de rappeler où étaient nos amis il y encore 5 ans.»

Le passé de Geoffroy Didier disséqué

Car, outre le passé sulfureux de Guillaume Peltier, celui de Geoffroy Didier fait aussi parler de lui. Il y a quelques années, il participait activement à La Diagonale, un courant de «sarkozystes de gauche», favorables au mariage homosexuel et au droit de vote des étrangers. Des convictions éloignées de celles, à droite toute, affichées aujourd’hui.

«Avoir des positions aussi nettement contradictoires, cela m’indigne», réagit le député libéral Hervé Mariton. «J’ai évolué sur le droit de vote des étrangers mais j’ai toujours été contre le mariage homosexuel», répond Geoffroy Didier qui précise qu’il n’était la «cheville ouvrière» de La Diagonale qu’à la demande de son mentor Brice Hortefeux qui lui avait demandé de l’aider à «rassembler des sarkozystes au-delà des clivages».

Des propositions crédibles?

L’ombre tutélaire de l’ancien ministre de l’Intérieur est raillée par les détracteurs de la motion. Son influence est bien réelle, comme le reconnaît Alain Marleix, l’un des 19 députés à l’avoir parrainée. «J’ai signé par amitié pour Brice mais je ne suis pas d’accord avec beaucoup de leurs propositions. Certaines, comme instaurer un quota de journalistes de droite, sont grotesques.» «L’UMP a un impératif de crédibilité, on ne peut pas faire des propositions ineptes pour faire du buzz à tout prix», renchérit Enguerrand Delannoy.

Une critique reprise par Thierry Mariani, l’animateur de la Droite populaire. «Sur les valeurs, je signe à 100%. Mais nous, nous nous interdisons les propositions démagogiques et intenables», tacle-t-il. «Et puis nous, nous n’avons jamais été contrôlables…» «La Droite pop’ est un collectif de parlementaires qui s’est construite sur des oppositions à Sarkozy. Nous, nous sommes un collectif de militants dont l’ADN est Sarkozy», assume pleinement Geoffroy Didier qui dit défendre des «propositions audacieuses et inédites».Et qui voit dans le nombre de critiques des «barons» la preuve que la campagne de la Droite forte «doit être bonne». «Pendant que les autres motions parlent de nous, nous, nous parlons aux militants.»