François Hollande défend ses choix de «président responsable»

ELYSEE Lors de sa conférence de presse, le président a évoqué les premières décisions de son mandat...

Matthieu Goar

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François Hollande lors de sa conférence de presse à l'Elysée, le 13 novembre 2012.
François Hollande lors de sa conférence de presse à l'Elysée, le 13 novembre 2012. — REUTERS/Philippe Wojazer

La parole est à la défense. Moqué en une des journaux et confronté à une situation économique noire, François Hollande a défendu pied à pied sa politique lors de sa première conférence de presse. «Une politique, ce n'est pas une accumulation, pas une addition, même pas une comptabilité de promesses, c'est une réponse cohérente et forte à la situation du pays», déclare-t-il.

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Hollande ne veut pas se faire comptable de ses propres actions. Mais il a pourtant minutieusement recensé les premières décisions de son mandat qu'il égraine lors d'un long préambule de quarante cinq-minutes. «Réorganisation de l'Europe», «le rétablissement à marche forcée de nos comptes publics», les «emplois d'avenir», «la fiscalité écologique au printemps prochain», «les futurs contrats de génération»…

Un Premier ministre «loyal, sérieux et dévoué»

Le chef de l'Etat, avocat, décortique ses six premiers mois de mandat. Et plaide pour ses troupes. Les socialistes seraient attentistes, claironne la droite. «Je l'ai fait sans perdre de temps, parce que nous n'en avons plus », tonne Hollande au moment d'évoquer la dette. «Le rapport Gallois? Aussitôt remis, aussitôt traduit [en actes]», se félicite le président de la République devant ses ministres sagement assis sur les chaises dorées de la salle des fêtes de l'Elysée.

Les questions fusent à propos du chômage, mais aussi de son Premier ministre –«loyal, sérieux et dévoué»–, de la colère des plus riches ou encore sur le pacte de compétitivité et la hausse de la TVA. «J'ai annulé celle qui me paraissait injuste [la TVA sociale de Nicolas Sarkozy] pour renvoyer à 2014 une refonte des taux de TVA. Mais j'assume», assène le socialiste, précisant qu'il n'a pas voulu se «substituer» au gouvernement lors de l'annonce du pacte, que certains ont analysé comme un premier tournant dans son mandat.

«Je suis un président responsable»

«Nous vivons bien plus qu'une crise, nous vivons un changement du monde. Et c'est pourquoi depuis six mois, j'ai fait mes choix sans avoir besoin de prendre je ne sais quel tournant. Ces choix sont conformes à mes engagements», explique-t-il. Hollande prend du plaisir à l'exercice, renoue avec quelques traits d'humour: «Je ne suis pas dans une addiction à la présidence normale, vous avez vu...» «On m'avait prôné un choc [de compétitivité], il paraît que c'est chic un choc.»

Patiemment, Hollande poursuit sa plaidoirie qui durera deux heures et vingt minutes. L'essentiel est surtout d'assumer. «Je suis un président responsable. (…) Je ne suis pas là pour préparer la prochaine élection, mais la prochaine génération.»