UMP: Patrick Buisson, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, choisit Jean-François Copé

Anne-Laëtitia Béraud
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Patrick Buisson, en juin 2009.
Patrick Buisson, en juin 2009. — IAFRATE PATRICK/SIPA

L’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Patrick Buisson, considéré comme l’artisan du virage identitaire de l’ancien chef de l’Etat, affiche sa préférence dans un entretien au Figaro pour Jean-François Copé, l’actuel secrétaire général du parti, dans la campagne pour la présidence de l’UMP. 

Dans cet entretien, le premier depuis la défaite de son champion en mai dernier, Patrick Buisson motive son choix en affirmant qu’«incontestablement, Jean-François Copé aura fait montre d'un grand courage dans le combat des idées, tout comme la motion de la Droite forte présentée par Guillaume Peltier».

La «droitisation», un concept «forgé par la gauche»

Revenant sur le terme de «droitisation» -repris par François Fillon à l’adresse de Jean-François Copé-, Patrick Buisson affirme que «le concept a été forgé par la gauche, qui, après avoir basculé du social au sociétal, cherche à masquer son refus de prendre en compte la souffrance des Français les plus vulnérables».

Une gauche qui disposerait, selon l’idéologue, d’un «avantage moral». «Il faut aussi détruire l'avantage moral que la gauche s'est indûment octroyé en s'accaparant l'idée de justice sociale», estime Patrick Buisson, ajoutant: «Lorsque François Hollande crée 150.000 “emplois d'avenir” réservés exclusivement aux zones urbaines sensibles, il ne fait pas une politique de justice sociale, mais du clientélisme. Il ne répond pas à une demande sociale, mais à une demande médiatique qui réduit la jeunesse à celle des banlieues “vues à la télé” alors que la masse des défavorisés et des précaires est ailleurs». Il précise à propos du nouveau chef de l’Etat que «la France des invisibles n’est pas son souci».

Contre les alliances UMP-FN

La droite post-Sarkozy, pour l’ancien conseiller élyséen, «a vocation à redevenir majoritaire pour peu qu'elle ait le courage de franchir (...) ce que Léon Bloy appelait “la porte des humbles”, c’est-à-dire de bâtir une offre sociale protectrice en direction de cette France industrielle et rurale des “perdants” de la mondialisation.» A propos de l’ancien chef de l’Etat, qu’il a conseillé, Patrick Buisson estime que les mots de Nicolas Sarkozy «n'ont pas fini d'infuser dans l'imaginaire national».

Quant au débat sur des alliances entre l’UMP et le Front national, qui a agité la campagne pour la présidence de l’UMP, Patrick Buisson lance enfin que «la question qui se pose n’est pas celle des alliances mais de l’attractivité électorale. L’homogénéité croissante des électorats UMP et FN notamment dans la “France périphérique” des moyennes et petites villes fait que les deux formations sont d’abord en situation de concurrence. Il n’y a donc pas d’autre issue pour l’UMP que de construire une offre compétitive dans le respect de ses propres valeurs.»